La Chine choisit de se mettre au vert
La Tribune
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climatLa Chine, « atelier du monde », fumant de ses innombrables cheminées d'usines, aux rivières et aux terres gorgées d'effluents industriels, peut-elle un jour se transformer en paradis environnemental ? Mois après mois, le gouvernement chinois semble prendre ce cap, même si les résultats sont encore loin d'être au rendez-vous dans ce pays devenu le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre. à la mi-août, un haut responsable chinois annonçait à la presse internationale que les émissions de gaz à effet de serre diminueraient en Chine à partir de... 2050. La date est lointaine, mais c'est la première fois que le premier pollueur du monde faisait ainsi état d'un engagement dans ce domaine. Certains doutent de la sincérité de Pékin, la Chine étant condamnée à la croissance économique à marche forcée pour fournir à son peuple la prospérité et des emplois. Jusqu'ici, l'attitude intransigeante des négociateurs chinois à l'ONU en matière climatique, qui refusaient de s'engager dans des objectifs chiffrés de baisse des émissions, étaient perçue comme dilatoire. D'autres observateurs au contraire croient Pékin engagé vers un modèle plus sobre en carbone et moins polluant. Moins par bonne volonté que par nécessité. La Banque mondiale évalue à environ 500.000 le nombre de décès dus à la pollution de l'air. La pollution est telle qu'elle menace la croissance elle-même.VolontarismeIncontestablement, la Chine ne reste pas les bras croisés devant le fléau de la pollution. Depuis son plan de relance de 4.000 milliards de yuans (585 milliards de dollars) annoncé en novembre et dont environ 8 % seraient consacrés aux dépenses environnementales, Pékin a annoncé qu'un programme pour les énergies renouvelables était en préparation, selon le chef de l'Administration nationale de l'énergie, Zhang Guobao. « Entre 1990 et 2005, l'intensité énergétique de notre économie a été réduite de 47 % et notre objectif est de la réduire de 20 % d'ici à 2010 par rapport à 2005 », expliquait il y a peu à « La Tribune » Xie Zhenhua, vice-ministre de la commission d'État pour le Développement et la Réforme en Chine (CNDR). Depuis le début des années 2000, les énergies renouvelables explosent. « L'objectif est de porter la part des renouvelables à 10 % du bouquet énergétique en 2010, ce qui est tout à fait réalisable puisque nous sommes déjà à 9 % », explique Xie Zhenhua. En 2020, la part des énergies renouvelables pourrait atteindre 20 % du bouquet énergétique selon les objectifs officiels. Soit autant qu'en Europe.Le choix du nucléaireNuméro un mondial par la superficie consacrée au solaire (140 millions de mètres carrés), la Chine prévoit ainsi de multiplier par cinq sa capacité de production électrique à partir de cette énergie à 10 gigawatt d'ici à 2020. « Un Giga peut alimenter 100 usines », explique Xie Zhenhua. Même ambition pour l'électricité éolienne, qui doit être multipliée par cinq pour atteindre au moins 100 millions de kilowatts d'ici à 2020. L'hydraulique doit doubler à 160 millions de Kw. Dans le nucléaire, l'objectif que s'est assigné Pékin en matière de capacité installée pourrait être doublé à 80 millions de kilowatts à l'horizon 2020, contre seulement 40 gigawatts initialement prévus.Restera à nettoyer le parc d'usines. Aujourd'hui déjà se multiplient les fermetures de centrales thermiques trop gourmandes en énergie, d'aciéries obsolètes, d'usines sidérurgiques archaïques ou de cimenteries vieillottes. Et Pékin compte bien monnayer ses efforts : « Si les pays industrialisés acceptent de transférer leurs technologies, nous réussirons encore mieux à réduire nos émissions de CO2 », dit en souriant Xie Zhenhua.
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