SUISSE Les banques appréhendent les sorties de fonds

Après les épisodes de 2001 et de 2002, la place financière de Lugano s'apprête à vivre sa troisième amnistie fiscale italienne. Le projet du ministre des Finances transalpin, Giulio Tremonti, devrait, selon toutes les attentes, provoquer d'importants retraits de fonds déposés par des résidents italiens dans les banques suisses. Reste ouverte la question de la proportion des quelque 400 milliards de francs suisses (260 milliards d'euros) gérés par les institutions financières au Tessin, principales visées.Les sorties de fonds risquent d'être importantes, d'autant que, pour bénéficier de l'amnistie, les résidents italiens devront rapatrier physiquement leurs avoirs dans leur pays. À la suite de l'édition de 2001, « 50 milliards de francs environ étaient partis de chez nous », rappelle Franco Citterio, directeur de l'Association bancaire tessinoise. Alfredo Gysi, directeur général de la plus grande banque de Lugano, la Banca della Svizzera Italiana (BSI), rappelle que « certains croyaient alors que notre place allait exploser ».Les fonds rapatriés n'étaient cependant pas restés longtemps en Italie. En 2004, les 70 banques et les quelque 1.500 gérants indépendants du Tessin géraient à nouveau les montants d'avant la première amnistie. « L'enjeu réel de nos clients, ce n'est pas l'évasion fiscale, mais la protection de la sphère privée », soutient Alfredo Gysi.À l'image du banquier, les professionnels de la gestion soulignent les avantages offerts par la Suisse en matière de placements pour les résidents italiens : la sécurité du droit, la fiabilité du système financier, la discrétion. Aussi sont-ils persuadés que leurs clients italiens reviendront vite.Cependant nombre de banques suisses ont, depuis le début de la décennie, étendu leurs réseaux en Italie. « Nous sommes présents dans plusieurs villes », soulignaient jeudi Alfredo Piacentini et Paolo Luban, dirigeants de la banque Syz à Genève. Les infrastructures sont donc prêtes à accueillir les fonds rapatriés de la clientèle désireuse de se mettre en ordre avec le fisc.Les patrimoines constitués en personnes morales ne pourront pas bénéficier de l'amnistie. L'Italie offre déjà une forme de trust, dont les revenus sont imposés au taux très favorable de 4 %. Elle est néanmoins peu utilisée. Yves Genier, « Le Temps »

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