La bancarisation des pays émergents dopée par les nouvelles technologies

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Le marché des 4 milliards de pauvres dans le monde (moins de 3.000 dollars par an de pouvoir d'achat), mais non classés dans l'extrême pauvreté (sans travail, doublé de problèmes alimentaires), suscite bien des convoitises. Selon le FMI, entre 2000 et 2005, le crédit aux ménages a crû de 22,5 % par an en moyenne dans les pays émergents d'Asie et de 47,7 % dans les pays émergents d'Europe contre 8,9 % dans les marchés matures. La microfinance, dont le microcrédit est l'instrument privilégié, a jusqu'ici contribué à cette évolution, mais elle est l'apanage d'institutions bien particulières. Aujourd'hui, une nouvelle étape est en passe d'être franchie, explique Thomas Legrand, consultant chez Eurogroup : « Les nouvelles technologies constituent un outil pour s'adresser directement à cette population à bas revenus, en leur permettant d'abaisser les coûts de transaction et de toucher davantage de personnes. Alors que la conquête de clients par la microfinance s'est fait principalement grâce au crédit, la bancarisation d'une nouvelle partie de la population via le mobile banking s'appuie en premier lieu sur les moyens de paiement. » Qu'il s'agisse d'Internet, des automates bancaires, du téléphone mobile ou encore des cartes prépayées, la banque à distance connaît un développement fulgurant dans les pays émergents. Et pour cause : le prix d'une transaction par téléphone mobile est estimé à 10 % de la même opération réalisée en agence, selon le Boston Consulting Group.Toutefois, ce ne sont pas les banques, mais les opérateurs téléphoniques qui sont entrés les premiers sur ce marché du « mobile banking ». Car, souligne Thomas Legrand, « les réglementations qui s'appliquent aux banques sont beaucoup plus nombreuses et contraignantes que celles qui pèsent sur les opérateurs téléphoniques. concurrence déloyaleLes acteurs bancaires voient d'ailleurs une concurrence déloyale dans les prestations de ces acteurs qui ne sont soumis à aucune supervision bancaire ». Cela pourrait évoluer, sous la pression des établissements financiers, mais aussi du régulateur qui risque de s'inquiéter de voir les flux financiers des ménages passer entre les mains d'acteurs non contrôlés. De leur côté, les banques devront proposer une offre allant au-delà de celle des opérateurs téléphoniques. Si ces derniers se contentent de rentabiliser l'infrastructure existante, le consultant estime que « pour les banques, la capacité à effectuer du crédit sera souvent déterminante pour rentabiliser leurs investissements dans les nouvelles technologies ». Guénaëlle Le Solleuétude

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