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Nicolas Sarkozy attendu au tournant à Bruxelles

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Publié le 12 mars 2009 à 00:30 - Mis à jour le 12 mars 2009 à 00:30

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Face à la rapide dégradation de l'état de santé de l'économie réelle, qui risque de tomber dans le coma, face aussi à la passivité de la République tchéque qui a pris les rênes de l'Union européenne à la suite de la France début janvier, Nicolas Sarkozy voulait, il y a encore quelques semaines, organiser une réunion d'urgence des pays membres de la zone euro pour coordonner leur action. Comme il l'avait fait sous la présidence française de l'Union en octobre pour reconstruire, à l'époque, les digues rompues par le tsunami bancaire. Le président français voulait surtout afficher la solidarité interne dans l'union monétaire et éviter son implosion en raison de la dégradation de la crédibilité de la dette souveraine des pays comme la Grèce ou l'Irlande. Quand son attaché de presse lui a soufflé ce souhait élyséen, le président en exercice du Conseil européen, le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, a failli s'étrangler. Et a immédiatement pris son téléphone pour faire exploser en vol le missile français.Merkel irritéeBerlin d'abord, Bruxelles ensuite. Angela Merkel, irritée par l'activisme de Nicolas Sarkozy, ne s'est pas fait prier longtemps pour se ranger au côté de Prague. D'autant que la chancelière allemande, réticente depuis toujours à un gouvernement économique dans la zone euro qui raboterait l'indépendance de la Banque centrale européenne, voyait d'un mauvais ?il la mise à l'écart de la présidence de l'Union. José Manuel Barroso, qui n'a que l'unique souci de se faire reconduire à la tête de la Commission européenne lors du prochain renouvellement en novembre, a facilement emboîté le pas du côté du plus grand nombre. Finalement, Mirek Topolanek a convoqué un sommet européen extraordinaire de l'ensemble des États membres de l'Union afin de coordonner leur action face à la crise économique. Seulement voilà. Cette réunion, programmée demain à Bruxelles, risque de se transformer en chemin de croix pour Nicolas Sarkozy. Car ses partenaires sont extrêmement remontés contre lui. À commencer par le Premier ministre tchèque qui a très peu apprécié le fait que le président français s'étale dans la presse pour juger la présidence européenne de Mirek Topolanek « invisible ». Du coup, ce dernier a convoqué deux sommets extraordinaires. Celui de ce dimanche, mais aussi une réunion en mai pour plancher sur « les conséquences sociales de la crise économique ». Bref, commente un journaliste tchèque en poste à Bruxelles, « Topolanek veut faire rouler les tambours européens aussi bruyamment que Sarkozy ».Ensuite, le fait que le président français épingle nommément le pays de la présidence de l'Union à la télévision a fait remonter la tension. « Que l'on crée une usine Renault en Inde pour vendre des Renault aux Indiens est justifié, mais que l'on crée une usine en République tchèque pour vendre des voitures en France, ce n'est pas justifi頻, a lancé Nicolas Sarkozy. « Le 1er mars, nous allons inviter les chefs d'État pour tenter de trouver un équilibre entre ceux qui pensent qu'il est possible de violer les règles et ceux qui ne le pensent pas, et dont je fais partie », lui a sèchement rétorqué Mirek Topolanek. Et la chancelière Angela Merkel d'enfoncer le clou en appelant la Commission à veiller à ce que les aides à l'automobile soient « justes et équitables ». le soutien de berlusconiAutant de raisons qui expliquent pourquoi la France est attendue au tournant ce dimanche à Bruxelles. Isolé, le président français s'en est allé chercher le soutien de Silvio Berlusconi. Ce même Il Cavaliere qui, lors du dernier sommet européen de la mi-décembre marquant symboliquement la fin de la présidence française de l'Union, avait salué en tant que doyen du Conseil européen l'action « extraordinaire » de Nicolas Sarkozy à la tête de l'Europe. Le couple Sarkozy-Berlusconi s'est fait un immense plaisir de rappeler, à quelques jours du sommet européen extraordinaire du 1er mars, que les Américains savaient protéger leur industrie et leur agriculture. « L'Europe ne doit pas être naïve », glisse-t-on à l'Élysée. Reste quand même un (petit) inconvénient. Ces mêmes Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi ont signé, dimanche dernier à Berlin, un communiqué des pays européens du G20 les engageant à ne prendre « aucune mesure protectionniste ». À une semaine d'intervalle, il serait difficile de se renier.M. D.Topolanek [président tchèque du Conseil européen] veut faire rouler les tambours européens aussi bruyamment que Sarkozy. »

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