Le Japon s'offre une troisième relance

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Et de trois. Le gouvernement Taro Aso a annoncé lundi son troisième plan de relance depuis sa formation en septembre dernier. Un nouveau coup de pouce, cette fois de 13.800 milliards de yens (108,7 milliards d'euros), à l'économie en ce début d'année fiscale, qui s'annonce déjà exceptionnelle en termes de laxisme budgétaire, tant pour son record d'émissions obligataires (44,1 milliards de yens) que la taille de son budget (102.000 milliards de yens), ou le fossé entre les recettes fiscales et les dépenses? Et ce alors que la dette publique dépassera bientôt les 200 % de PIB. Les trois plans de relance Aso auront coûté au contribuable nippon 25.000 milliards de yens, soit 5 % du PIB. Pourquoi une telle prodigalité ? Pour Richard Katz, c'est parce que, en dépit des apparences, le Japon peut encore se la permettre. « Ce qui compte n'est pas la dette, mais le paiement des intérêts de la dette. En 2009, ils représenteront moins de 2 % de PIB, parce que les taux sont très faibles. Et ils vont le rester, le Japon ayant encore des réserves pour alimenter la relance budgétaire. » Mais cet activisme trahit des intentions plus politiques qu'économiques. Taro Aso doit affronter les électeurs avant octobre, et il doit stimuler l'économie avant cette échéance, même à coups de stéroïdes budgétaires. « Il est très rare qu'un plan de relance soit présenté en début d'année fiscale », feint de s'étonner Dan Harada, lobbyiste au Parti libéral démocrate (PLD), le parti majoritaire dont est membre Taro Aso. alibiCette nouvelle enveloppe est pour le Premier ministre un alibi pour ne pas organiser des élections anticipées malgré son impopularité. Bien joué : cette dernière est en train de reculer. Car les plans de relance précédents, raillés lors de leur annonce, produisent déjà leurs effets. La distribution de bons d'achat à toute la population, par exemple, a été bien accueillie. Surtout, la réduction spectaculaire des péages sur les autoroutes, dans un pays où ils sont exorbitants, a eu un effet colossal sur la confiance des ménages, qui se ruent désormais sur les routes. À croire que les cadeaux électoraux continuent à payer. régis arnaud, à tokyo

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