Pékin affaiblit sa monnaie
La Tribune
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Marchés émergentsTimothy Geithner ne devrait guère être mieux reçu que son prédécesseur. Dans le bras de fer qui oppose la Chine aux États-Unis sur leur monnaie, le nouveau secrétaire d'État américain au Trésor, qui doit se rendre en Chine le 31 mai, devrait comme Henry Paulson se heurter à l'intransigeance de Pékin.À quelques jours de sa visite, les autorités chinoises l'ont déjà mis au parfum : la banque centrale chinoise a réduit de 0,13 % au cours des deux derniers jours le cours de référence au fixing de la devise chinoise. Moyennant quoi, le yuan a touché hier un plus-bas depuis le 14 avril, à 6,8372 yuans pour un dollar, avant de terminer la séance à 6,8284. Un signal politique fort démontrant que Pékin n'est toujours pas prêt à laisser, comme les Américains le souhaitent, sa monnaie s'apprécier.un seul objectifLa Chine estime sans doute en avoir suffisamment fait : le yuan a regagné 21 % face au dollar depuis juillet 2005, date à laquelle son lien avec la devise américaine a été rompu. « La Chine est loin de considérer que sa devise est encore sous-évaluée face au dollar, même sous la pression américaine », estime un analyste chez BNP Paribas. Surtout dans le contexte actuel. Avec la chute des exportations de 22,6 % en avril et de 17,1 % en mars, selon les chiffres officiels, Pékin n'a en effet qu'un objectif, maintenir un yuan « fondamentalement stable » à un niveau « raisonnable et équilibr頻 pour aider les entreprises à conserver leurs parts de marché. Le gouvernement l'a encore rappelé hier en annonçant des mesures de soutien aux exportateurs : « La baisse de la demande extérieure qui a provoqué l'effondrement des ventes à l'étranger est aujourd'hui la difficulté la plus grave qu'affronte la Chine. » Dans ce contexte, le consensus établi par Bloomberg, et qui se fonde sur les prévisions de 28 analystes, la devise chinoise pourrait effectivement se maintenir à une parité de 6,81 à la fin de l'année. M. B.
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