Le sud de l'Italie en fronde contre Berlusconi

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égionalismeLe sud de l'Italie (Mezzogiorno) et ses dirigeants politiques sont en passe de ruiner les vacances de Silvio Berlusconi. Le président du Conseil italien a en effet dû réunir hier après-midi en urgence à son domicile romain cinq de ses ministres pour lancer « un plan pour le Mezzogiorno ». Depuis plusieurs semaines, les leaders siciliens de la majorité de droite de Silvio Berlusconi menacent de faire sécession dans un « parti du Sud » si leurs revendications d'aides financières ne sont pas exaucées. « Il est manifeste que le gouvernement n'a pas fait assez [pour le Sud, Ndlr] et surtout n'a pas fait ce qu'il devait faire : donner les fonds pour les zones sous-utilisées qui reviennent au Sud et que le ministre de l'Économie [Giulio Tremonti] a en revanche détournés vers le Nord », critique de façon véhémente le propre secrétaire d'État de Berlusconi en charge de la coordination de la politique économique, le Sicilien Gianfranco Micciché ! Une des figures clés du parti du Cavaliere en Sicile, un grand réservoir de votes pour la droite, Micciché n'hésite pas à se déclarer « disposé à donner naissance, si nécessaire, à un nouveau mouvement, à un nouveau parti ». Il pourrait compter dans ce cas sur la contribution du président de la région Sicile, Raffaele Lombardo, qui, avec son parti (MPA), cherche à constituer au sud du pays un mouvement politique similaire à la Ligue du Nord, allié au gouvernement de Berlusconi et défendant âprement les intérêts du nord de la péninsule. Le principal reproche des « Méridionaux » à Giulio Tremonti, proche de la Ligue du Nord, est d'ailleurs d'avoir réalloué une grande partie des fonds nationaux de développement ? destinés selon la loi à 85 % au Sud ?, à des projets plus généraux, bénéficiant aussi au Nord, plus riche, du pays. La moitié de l'aide exceptionnelle aux chômeurs italiens touchés par la crise (au total environ 8 milliards d'euros) aurait été prise sur les fonds pour le Sud. Et le « fédéralisme fiscal » récemment voté devrait exacerber les tensions entre le Nord et le Sud.rythme de développementAu-delà des arrière-pensées politiques, cette fronde du Sud illustre l'impasse des politiques en faveur du Mezzogiorno. « En 1951, 23,9 % du produit intérieur brut (PIB) italien était produit au Mezzogiorno, soixante ans après, cette part est restée la même : le Sud a eu un rythme de croissance égal au reste du pays mais n'est pas parvenu à combler le fossé de développement », rappelle la Svimez, l'institut de recherche spécialisé sur le Mezzogiorno. Dans les huit régions du Sud, des Pouilles à la Sicile en passant par la Calabre, le PIB par habitant est de 17.971 euros contre 30.681 euros pour les autres régions de la péninsule. Une différence qui pourrait même s'amplifier, vu que 700.000 personnes ont quitté le Sud en dix ans, pour la plupart de jeunes diplômés talentueux en quête d'avenir.

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