Moscou forcé de se tourner vers l'étranger pour boucler son budget

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finances publiquesLes matelas de pétrodollars amassés dans les coffres de l'État russe pendant les cinq fastes dernières années de cours pétroliers record ne suffiront pas à couvrir le déficit budgétaire prévu, en 2010, de 3.200 milliards de roubles (72,3 milliards d'euros), soit 7,5 % du PIB russe. Une contrainte qui pousse Moscou à revenir sur le marché de la dette internationale.Le débat faisait rage ces dernières semaines au sein du gouvernement entre libéraux et étatistes pour déterminer le meilleur moyen de financer le budget 2010. Les recettes fiscales sont attendues à hauteur de 147 milliards d'euros contre des dépenses atteignant 208 milliards d'euros. Or, le gouvernement veut éviter d'emprunter sur le marché domestique car la somme nécessaire représente le double de la taille actuelle du marché de la dette russe? L'idée de se tourner vers l'international fait grincer des dents les étatistes menés par Vladimir Poutine, alors que la Russie avait traîné, pendant des décennies, le fardeau de la dette soviétique sans pouvoir s'en défaire.euro-obligations Mais la prudence budgétaire du ministre des Finances, Alexeï Koudrine, semble avoir le dessus pour l'instant, puisque le choix d'emprunter à l'étranger, par le biais du placement d'euro-obligations, permet de sauver au moins partiellement l'un des deux fonds d'État censé garantir la stabilité financière du pays. Sacrifié sur l'autel de la crise, le Fonds de réserve va contribuer à hauteur de 34 milliards d'euros à boucher le trou budgétaire de 2010, après un effort de 30,7 milliards d'euros pour 2009. Autant dire qu'il ne restera pratiquement rien de ce fonds l'année prochaine.Un autre fonds baptisé Prospérité Nationale, contenant 63 milliards d'euros (constitués à partir de la collecte d'une taxation massive des exportations de pétrole), devrait lui être préservé. La semaine dernière, Vladimir Poutine avait suggéré de puiser dedans pour boucher les trous du budget. Le chiffre de 15 milliards d'euros avait été évoqué. Or, à la différence du Fonds de réserve, créé pour parer aux chocs budgétaires, Prospérité Nationale est censé servir aux projets à long terme.Emmanuel Grynszpan, à Moscou

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