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« Un patron ne doit pas être choisi sur la taille de ses tatouages »

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Publié le 10 avril 2009 à 23:34 - Mis à jour le 10 avril 2009 à 23:34

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Où en est la désignation du prochain PDG de Radio France ?Je déplore la tournure prise par le débat. Je ne peux croire que le président d'une entreprise publique soit choisi sur des questions telles que la taille de ses tatouages ou le traitement de l'humour. À mes yeux, les qualités primordiales doivent être plutôt sa capacité à gérer une entreprise et sa connaissance du monde de la radio, en particulier la déontologie et l'éditorial. J'estime avoir quelques qualités à défendre sur ces points, et un bilan jugé plus qu'honorable, d'où ma candidature.Comment s'est passé votre entretien avec le président de la République ?Fort sérieusement. Je l'ai vu il y a quinze jours. Il ne m'a pas dit avoir arrêté son choix, et n'a pas cité de noms. Il a dit que nous nous reverrions dans les deux semaines.Avez-vous abordé le cas Guillon ?Nous avons effectivement discuté de certaines chroniques de Stéphane Guillon, avec qui je m'étais entretenu au préalable et qui a un talent formidable. C'est comme cela que les choses doivent se passer. Il doit y avoir un dialogue de l'humoriste avec les équipes qui l'entourent, sa direction, son public, et même ceux qu'il caricature. Ce dialogue doit permettre de savoir jusqu'où aller, car il y a bien évidemment des limites en matière d'humour. En particulier, il ne faut pas blesser profondément ceux qu'on caricature. Dans l'humour aussi, la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. Discuter de l'humour et de ses limites est tout à fait normal, et je suis heureux que cette affaire ait permis d'ouvrir ce débat nécessaire et qui ne se limite pas à Radio France. Il ne doit pas y avoir d'irresponsabilité morale, mais la censure ou l'autocensure ne sont pas plus admissibles.Pensez-vous être victime d'homophobie ?Certains, à droite comme à gauche, sont peut-être réticents à ce qu'un homosexuel, qui l'assume ouvertement, soit à la tête de Radio France. En effet, certains admettent l'homosexualité à condition qu'elle reste cachée, secrète. Cela, je ne l'accepte pas. Mais, concernant le président de la République, il n'y a aucune raison de le suspecter de cela. Lors de notre entretien, il m'a rappelé les propositions qu'il a faites envers les homosexuels lors de sa campagne, et m'a assuré que ces promesses seront tenues.Quels sont les chantiers que devra affronter le nouveau patron de Radio France ?Il y a trois lourds chantiers. D'abord, la réfection de la Maison de la radio : un chantier de 300 millions d'euros sur six ans, qui sera effectué alors que les locaux resteront occupés, ce qui pose des problèmes logistiques considérables. Nous avons réussi à limiter le coût des travaux à 240 millions, alors que l'addition dépassait 320 millions lors de l'ouverture des plis.Ensuite, un chantier social. L'adoption de la loi sur l'audiovisuel public remet en cause les conventions collectives de toutes les sociétés de l'audiovisuel public. En pratique, il va falloir réfléchir à la modernisation des principes qui figurent dans cette convention : paritarisme, relative automaticité des carrières, définition des métiers?Enfin, il faut que Radio France soit un acteur majeur du monde numérique. Il faut que nos émissions soient disponibles partout, notamment sur tous les objets nomades. Il faut aussi qu'on puisse accéder aux émissions complètes, mais également qu'elles soient « sécables » de façon à pouvoir accéder à de courtes séquences, comme des éditoriaux, des billets, un thème, etc. Il faut enfin que les émissions soient disponibles sur la Toile bien plus longtemps qu'aujourd'hui (une semaine). Si on n'y prend garde, l'audience de la radio peut chuter, comme c'est arrivé aux États-Unis, où elle a reculé de 86 % à 76 % en deux ans. Propos recueillis par Jamal Henni« Il y a des limites en matière d'humour. Il ne faut pas blesser profondément. »Jean-paul cluzel, pdg de radio france Christophe ABRAMOWITZ / RADIO FRance

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