Le britannique Tomkins va finaliser l'achat de Gates

Gregory Hutchings, patron de Tomkins, peut garder le sourire. Pour la... quinzième année consécutive, le groupe diversifié britannique annonce des bénéfices à la hausse. Lors de l'exercice 1995-1996, clos fin avril, son résultat avant impôt a progressé de 7 %, à 322,9 millions de livres (2,59 milliards de francs). « Notre objectif est d'améliorer la qualité de nos profits, même aux dépens de nos ventes », a jugé bon de préciser hier son président. Une manière d'expliquer la baisse de 3,3 % du chiffre d'affaires de l'entreprise, qui s'est établi à 3,6 milliards de livres (28,9 milliards de francs). Mais hier, beaucoup attendaient surtout d'en apprendre davantage sur la dernière acquisition de Tomkins, l'américain Gates Rubber, numéro un mondial des courroies de transmission. Ceux-là auront été déçus. Gregory Hutchings a néanmoins confirmé que l'opération, annoncée en janvier dernier, porte sur un montant de 1,16 milliard de dollars (près de 6 milliards de francs). Les diverses autorisations réglementaires ayant été obtenues, selon lui, sa finalisation n'attend plus que le feu vert des actionnaires, réunis le 24 juillet en assemblée générale extraordinaire. Gates est un morceau de choix, obtenu de haute lutte face aux géants américains Dana Corporation et Tenneco, longtemps sur les rangs. Il était jusque-là détenu par la famille et la fondation Gates, basée à Denver (Colorado). La société regroupe pas moins de 40 sites industriels, répartis sur 13 pays et employant environ 14.000 personnes. Avec Gates, Tomkins verra son chiffre d'affaires gonfler de quelque 7 milliards de francs et renforcera son poids aux Etats-Unis, où l'américain réalise deux tiers de son chiffre d'affaires. Mais cette acquisition arrive-t-elle pour autant au moment opportun ? Certains en doutent, le marché automobile américain donnant des signes essoufflement. Par ailleurs, le britannique devra s'employer à éponger les dettes de Gates qui atteignent près de 240 millions de dollars (1,2 milliard de francs). De quoi, malgré tout, nuancer le bien fondé de cette opération, à propos de laquelle Gregory Hutchings fut pour le moins hier avare en commentaires. Il s'est toutefois voulu rassurant en précisant que le groupe a augmenté sa trésorerie disponible de 105,6 millions de livres, pour atteindre 394,5 millions (3,2 milliards de francs), ce qui laisse une certaine marge de manoeuvre. Le dirigeant a en outre souligné es bonnes performances enregistrées l'an dernier par son activité « produits alimentaires », dont le résultat d'exploitation a augmenté de 45 % en trois ans, avec « des ventes progressant de moins de 11 % ». Or cette branche d'activité est essentiellement constituée du groupe de boulangerie industrielle Ranks Hovis McDougall, racheté en novembre 1992 en déboursant 8,5 milliards de francs. Dès lors Gregory Hutchings laisserait-il entendre que Tomkins saura à terme réaliser la même performance pour Gates ? J.-P. G.

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