Bidermann : chronique d'une réunification annoncée

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Huit mois après avoir remporté une homérique bataille, les repreneurs des actifs français de Bidermann, Lucien Deveaux et son associé, Sylvain Jama, n'ont peut-être pas pour seule ambition de redresser l'affaire de ce côté-ci de l'Atlantique... Les deux hommes semblent en effet désireux de réussir un coup de maître : la « réunification » du groupe d'habillement masculin. Pour ce faire, il leur suffirait de faire jouer les synergies entre Bidermann Europe (le prêt-à-porter masculin sous licence Courrèges, Kenzo, Yves Saint Laurent et, depuis peu, Givenchy) et l'ex-filiale américaine du groupe, Bidermann Industries (les marques de chaussettes Gold Toe, de chemises Arrow et la collection pour hommes Yves Saint Laurent), qui cherche toujours preneur. « Les pouvoirs publics français (ndlr : le Ciri - Comité interministériel aux restructurations industrielles) ont artificiellement séparé les deux affaires pour faciliter la reprise des actifs français », nous indiquait hier Sylvain Jama qui, en dehors de son association avec l'industriel roannais, dirige une société de négoce, Textiles Réunis. « Mais, à mes yeux, l'avenir du textile passe par l'international. Pour Bidermann, c'est d'autant plus vrai qu'il y a des complémentarités à exploiter de part et d'autre de l'Atlantique ! » Voilà pourquoi Sylvain Jama vient de se porter candidat à la reprise de Bidermann Industries, qui reste placée sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites des Etats-Unis. Seul maître à bord S'estimant bien placé pour rafler la mise, l'homme d'affaires espère être fixé d'ici deux à trois mois. Pour l'heure, les discussions portent sur le règlement de la dette de Bidermann Industries, la restructuration industrielle de la société étant quasi achevée. N'empêche que Sylvain Jama a des projets bien précis, envisageant - par exemple - l'introduction en Bourse de Gold Toe. Il ne semble pas craindre le veto de Maurice Bidermann, qui a une position d'ancien actionnaire majoritaire de Bidermann Industries... « Si la transaction américaine se fait, je me désengage de la partie française du groupe d'habillement, poursuit-il. Et ce d'autant plus facilement qu'il sera souhaitable, voire nécessaire, de conclure une alliance stratégique avec Lucien Deveaux. » Ce dernier se refuse toutefois à « mélanger les deux affaires ». «Personnellement, je ne veux pas toucher aux Etats-Unis », explique-t-il à la Tribune. D'où le récent changement de tête survenu chez Bidermann. Courant novembre, Lucien Deveaux a annoncé, lors d'un conseil d'administration, qu'il succédait à son associé, à la présidence de Bidermann Europe. Histoire de clarifier les rôles de chacun. Devenant de facto seul maître à bord d'une affaire dont il était déjà actionnaire majoritaire (à environ 80 %), le patron de Deveaux SA compte racheter les parts de Sylvain Jama (les 20 % restants). En attendant de donner à leur collaboration une nouvelle dimension... Nathalie Hamou

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