Camac fait vibrer avec brio la harpe française

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Spécialité française jusqu'au milieu du XX e siècle, la fabrication de harpes a bien failli disparaître à jamais de l'Hexagone. La renaissance de cette activité ancestrale à Mouzeil, petit village de la périphérie nantaise, tient plus du concours de circonstances que d'une réelle stratégie économique. Mais, aujourd'hui, Jakez François , dirigeant et principal actionnaire (90 %) de Camac, aux côtés des cadres (10 %), est bien décidé à l'ancrer durablement dans le sol français.Non seulement, ce harpiste de formation vient de racheter les 20 % de capital détenus par des investisseurs depuis la reprise de l'entreprise en LBO en 2000, mais il multiplie les investissements pour rationaliser la production, afin de rester compétitif face aux produits asiatiques.L'origine des Harpes Camac remonte à la création en 1972 de l'entreprise Camac par les frères Garnier. L'entreprise implantée à Mouzeil fabriquait des instruments de musique folkloriques parmi lesquels la harpe celtique. La demande de harpes est si forte que Joël Garnier, le négociant de l'affaire familiale, doit s'approvisionner au Japon. La piètre qualité des instruments nippons incite alors Camac à se spécialiser dans leur fabrication, ce qui se concrétise en 1982 par la scission de l'entreprise en deux entités : Algam pour le négoce d'instruments et Camac pour la fabrication de harpes.La production se professionnalise sous les conseils avisés de Jakez François chargé, dès 1988, d'apporter son expertise de musicien professionnel. Il joint l'utile à l'agréable en 2000 en prenant les rênes de l'entreprise, lors du départ en retraite de Gérard Garnier.La fabrication monte progressivement en puissance et s'élève aujourd'hui à 2.000 harpes celtiques et 300 à 400 harpes de concert (à pédales) par an. Les prix oscillent entre 2.000 euros et 2.500 euros pour les premières et 12.000 euros à 15.000 euros pour les secondes. L'ensemble générera un chiffre d'affaires de 7 millions d'euros en 2007 (+ 13 %), assorti d'une marge nette de 11 %. La moitié des ventes est réalisée à l'international, principalement aux États-Unis. De fait, le marché est mondial puisque l'on ne compte que cinq fabricants sur la planète et un seul en France.INVESTISSEMENTDE 900.000 EUROSCamac profite de l'engouement pour la petite harpe sans pédales ou celtique particulièrement adaptée aux jeunes musiciens contraints auparavant de travailler sur l'imposante harpe de concert. " Il y a autant de différences entre ces deux instruments qu'entre un piano et un clavecin, explique Jaquez François, ils requièrent par conséquent un process de production distinct. " La fabrication de harpes est un condensé de plusieurs métiers : menuiserie, mécanique, vernissage qui doivent cohabiter sans se télescoper.Le dirigeant va investir 900.000 euros dans la rénovation des ateliers, la construction d'un bâtiment dédié aux pièces mécaniques et l'achat d'équipements industriels destinés à accroître les capacités de production et à gagner en productivité. Une nécessité qui a aussi engendré la suppression de 9 postes sur 59 en 2006. Jaquez François se donne ainsi les moyens de poursuivre sa percée à l'export et cible notamment l'Europe centrale, l'Allemagne et la Grande-Bretagne où il a prévu d'ouvrir deux boutiques.

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