Les taux d'intérêt français grimpent à 3,90%, un niveau inédit depuis 2009. Cette hausse, répercussion directe des tensions au Moyen-Orient et de la flambée du pétrole, fait craindre une inflation persistante et un risque accru de stagflation en Europe.La reprise de la guerre au Moyen-Orient fait s'envoler le taux d'intérêt de la dette française. Alors que le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était « terminé », dans la foulée d'échanges de frappes entre les deux pays survenus dans la nuit au Moyen-Orient, le coût de l'emprunt français à échéance dix ans a grimpé.
Il a atteint 3,90 % ce mercredi, un niveau inédit depuis juin 2009. Il dépasse même son dernier sommet du 27 mars, déjà dans un contexte de guerre entre l'Iran et les États-Unis, à 3,88 %.
Et la flambée du taux tricolore n'est pas un cas isolé en Europe, quand bien même « il y a une prime de risque plus forte sur les taux français à cause de notre fort déficit public », notre Andrea Tueni, analyste financier chez Saxo Bank. Reste que son équivalent allemand, référence en Europe, se hissait lui au-dessus du cap symbolique des 3 %, à 3,06 %, contre 2,99 % la veille en clôture. Le taux italien à dix ans gagnait de son côté 0,11 point de pourcentage, à 3,88 %.
Panique sur les marchés après la reprise de la guerre en Iran
Tous les taux d'emprunts de la zone euro flambent à cause de la situation géopolitique et du rebond du pétrole. S'il reste bien moins haut qu'avant la signature du protocole d'accord du 17 juin et la réouverture du détroit d'Ormuz, le baril de Brent a vu son cours grimper de 5 % ce mercredi pour atteindre 77 dollars. Mais surtout, « le marché fait grimper les taux d'emprunt en anticipation d'un rebond des prix du pétrole qui pourrait arriver dans les prochains jours », ajoute l'expert de Saxo Bank.