3 % de croissance mondiale : une illusion de stabilité dans une économie fracturée par l'IA et le pétrole
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Alors que Washington transforme l'IA en moteur d'investissement, l'Europe reste dans le temps long de la régulation, du financement dispersé et des arbitrages budgétaires.
L'économie mondiale se fracture. Le FMI abaisse sa prévision de croissance 2026 à 3 %, révélant une profonde division entre les champions de l'IA et les victimes du choc énergétique. L'Europe et la France sont particulièrement exposées.
Le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé le 8 juillet sa prévision de croissance mondiale à 3 % en 2026, contre 3,1 % encore anticipé en avril, et relevé celle de 2027 à 3,4 %. Cette stabilité n'est pourtant qu'apparente. Derrière ce chiffre se dessine une économie mondiale plus fracturée entre pays misant sur l’intelligence artificielle (IA) et pays exposés au choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient. Le FMI voit notamment l’Europe et la France décrocher face au boom de l’IA et au choc énergétique.
Le 3 % mondial masque une fracture bien plus profonde
Le scénario central du FMI repose sur l’idée que la croissance mondiale résiste au choc géopolitique grâce à un moteur technologique qui en compense une partie. L’institution décrit deux forces opposées : les séquelles du choc énergétique lié au Moyen-Orient et un boom d’investissements dans les infrastructures d’IA (centres de données, semi-conducteurs, équipements), explique Petya Koeva Brooks dans ses remarques préliminaires.
Ce taux de 3 % n’est qu’une moyenne portée par quelques blocs plus résilients. Le FMI maintient l’idée d’une reprise en V entre 2026 et 2027, fondée sur la réouverture graduelle du détroit d’Ormuz à partir de mi-juillet et un retour à la normale d’ici mars 2027.
Les États-Unis figurent parmi les principaux bénéficiaires. Leur prévision reste à 2,3 % en 2026 et 2,2 % en 2027, à un niveau stable, alors que le pays a été peu exposé au choc direct. Le FMI souligne un double avantage : exportations d’hydrocarbures et poids décisif dans les investissements en infrastructures d’IA.
Le même mécanisme profite à plusieurs économies asiatiques intégrées à la production technologique. Le rapport cite des surprises de croissance liées à la demande en équipements d’IA pour la Corée, la Malaisie, la Thaïlande et le Vietnam.
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