Repsol compte s'affranchir de l'Argentine

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Repsol veut à la fois éviter la dispersion de ses investissements et diversifier davantage ses sources d'approvisionnement. Ce sont là les deux poutres maîtresses du plan stratégique 2008-2012, présenté hier par son président Antonio Brufau. Un plan qui vise à multiplier par 2,8 le bénéfice net, et par 1,8 le résultat brut d'exploitation.Durant ces cinq années, le pétrolier espagnol prévoit un fort investissement : 32,8 milliards d'euros au total. Cet effort doit se concentrer strictement sur les activités centrales du groupe, selon Brufau, qui n'a toutefois pas distingué entre l'aval et l'amont. " Nous ne voulons être présents que dans les activités où nous figurons parmi les trois premiers ", a-t-il assuré, précisant que Repsol veut porter ses efforts sur les segments de marché où il jouit des plus grands avantages, grâce surtout aux avantages de l'intégration verticale dans la production.Les dix grands projets prioritaires définis par le plan reflètent cette philosophie : trois d'entre eux représentent à eux seuls 40 % du total de l'investissement prévu. Ils concernent le raffinage et la commercialisation en Espagne et au Portugal (dont un mégaprojet de modernisation d'une raffinerie à Carthagène pour 3,2 milliards d'euros) : c'est-à-dire le segment de marché où Repsol se trouve davantage en position de force. À l'inverse, faute de présence dans le raffinage, il a abandonné sa chaîne de stations-service au Chili et va faire de même dans d'autres pays de la région.SE PREMUNIR FACE AU NATIONALISME D'AMERIQUE LATINEMais la vente d'actifs la plus importante concerne la filiale argentine, YPF, dont les Espagnols avaient pris le contrôle en 1999. Repsol a vendu en décembre 14,9 % du capital à un groupe local, et va introduire 20 % à la Bourse de Buenos Aires. Il s'agit de réduire ainsi le poids, jugé excessif, des actifs argentins, un pays qui assure aujourd'hui pas moins de 70 % de la production totale du groupe. Pour compenser ce retrait, Repsol veut accélérer dans l'exploration, où il prévoit d'investir 575 millions d'euros par an. La compagnie, qui a réalisé des découvertes importantes en 2007, notamment en Libye, au Pérou et au Brésil, veut poursuivre dans cette voie." Nous n'avons pas réussi ces dernières années à accroître nos réserves au même rythme où nous les utilisions " , a reconnu Brufau. La compagnie entend non seulement renforcer ses réserves, mais aussi les redéployer géographiquement afin de se prémunir face à la vague de nationalisme qui secoue les pays producteurs d'Amérique latine : en 2012, son objectif est de réaliser 55 % de sa production dans les pays de l'OCDE contre 40 % en 2004.

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