Les industriels tentent d'amadouer Bruxelles

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La présidence française de l'Union européenne sera-t-elle l'occasion de réconcilier les industriels avec Bruxelles ? Yvon Jacob, président du Groupe des fédérations industrielles (GFI), qui représente 90 % de l'industrie française, saisit en tout cas l'opportunité pour présenter, avec ses collègues européens réunis aujourd'hui à Paris, une liste de " recommandations " sur la stratégie industrielle à mettre en oeuvre. Ce " manifeste de l'industrie européenne " énumère les conditions qui permettront à " la première industrie mondiale, avec 40 millions d'emplois directs et 60 millions d'emplois indirects, de rester au premier plan ", affirme Yvon Jacob.D'abord, un coup de pouce en matière de recherche et développement. Sans réclamer une hausse des budgets communautaires, les industriels demandent, par la voix d'Yvon Jacob, que " ces dépenses soit gérées de façon plus efficace, avec moins de saupoudrage ". Mais, surtout, le président du GFI demande davantage de " coordination " entre les programmes de recherche et les réglementations européennes, " dont les impacts sur l'industrie sont très rarement mesurés ".Les industriels européens demandent également une meilleure prise en compte de leurs intérêts dans les négociations internationales. " Pourquoi Bruxelles négocierait un accord à tout prix au sein de l'OMC si ses conséquences devaient s'avérer négatives pour l'industrie ? " s'interroge Yvon Jacob." L'Europe doit contribuer à améliorer la compétitivité de l'industrie en ouvrant les marchés à fort potentiel et en sécurisant l'accès aux matières premières, comme le pétrole et l'acier, par exemple ", ajoute le président du GFI. Enfin, les industriels européens souhaitent que Bruxelles les aide à recruter les dix millions de personnes dont ils estiment avoir besoin dans les cinq prochaines années. " D'une part, en redonnant envie aux jeunes d'aller vers nos métiers ; d'autre part, en mettant en place une vraie politique d'immigration adaptée aux besoins réels de l'industrie ", déclare Yvon Jacob.L'INDUSTRIE N'EST PAS L'ENNEMIE DE L'ENVIRONNEMENT S'érigeant contre la conviction, répandue à Bruxelles, que l'industrie est l'ennemi de l'environnement, Yvon Jacob préfère croire que les positions ont bougé. " Bruxelles a pris conscience qu'on ne peut mettre en place des normes environnementales sans tenir compte de leur impact sur la compétitivité de l'industrie et sans obtenir des contraintes équivalentes des autres régions du monde. En revanche, si Bruxelles persiste dans son intention de réduire de 30 % les émissions de CO 2 dans les cinq ans, sans obtenir l'adhésion des États-Unis, du Japon et de la Chine à cet effort, nous sommes absolument sûrs d'aller dans le mur. "

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