La Cour des comptes épingle la gestion de France Télécom

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La Cour des comptes s'est attaquée à un gros morceau depuis deux ans : la gestion de France Télécom entre 1998 et 2002 qui a mené à la catastrophe financière, désormais connue des Français. Michel Bon, patron de l'opérateur historique introduit en Bourse en 1998, quelques mois après l'ouverture à la concurrence des télécommunications, avait une feuille de route rédigée par le gouvernement : trouver des relais de croissance à l'étranger puisque sa part de marché dans l'Hexagone sera inexorablement amenée à baisser. Mais l'histoire a mal fini."Gestion opaque." Après 60 milliards d'euros d'acquisitions en deux ans à la fin 2002, France Télécom affichait une dette de 68 milliards d'euros et des pertes de 20,7 milliards. Pour la Cour des comptes, dont le rapport a été dévoilé par les Echos, la gestion de Michel Bon a été "opaque". Sans surprise, la Cour met en cause la "gouvernance" de l'entreprise. "L'entreprise n'a pas informé de façon satisfaisante l'Etat et a souvent mis ses représentants devant le fait accompli", accuse le rapport. Et de citer trois exemples, le rachat de NTL (un câblo-opérateur britannique), celui avorté de E-Plus (un opérateur de téléphonie mobile) et Mobilcom (un revendeur de services mobile).Pour le premier, la direction du Trésor n'a pris connaissance de l'opération, soit un engagement de 2,3 milliards de dollars, "que suite à la publication des comptes 2002". Dans le cas E-Plus, la direction de France Télécom avait donné 24 heures au Trésor pour accepter ou refuser le rachat de 60 % de l'opérateur ! Enfin, en ce qui concerne Mobilcom, le dossier qui a coûté plus de 10 milliards d'euros à l'opérateur historique, "c'est sans l'accord de l'Etat que France Télécom a conclu dans la nuit du 22 au 23 mars 2000 un accord avec Mobilcom", et la direction du Trésor "n'a été avertie que par un fax de deux pages envoyé par France Télécom le 23 mars, après la diffusion du communiqué de presse" ! La Cour des comptes donne un début d'explication en indiquant que les dysfonctionnements du conseil d'administration étaient dus au fait que "les différents administrateurs étaient convaincus que les décisions étaient prises à l'avance au terme d'un accord préalable entre Bercy et France Télécom". Impasse. Mais à l'heure où le gouvernement projette d'introduire en Bourse GDF puis EDF et Areva tout en en gardant le contrôle, c'est tout le capitalisme tel que le conçoit l'Etat français, actionnaire de sociétés cotées, qui est en cause. De cela, la Cour ne dit mot. Le ministre de l'Economie et des Finances, Thierry Breton, va, lui, devoir plancher sur le sujet ces prochains mois.G. C.

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