Gerardo Braggiotti rachète la banque d'affaires Toulouse et associés

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Il n'aura pas attendu très longtemps avant de placer ses pions sur la scène financière européenne : l'Italien Gerardo Braggiotti, considéré comme l'un des meilleurs banquiers d'affaires du Vieux Continent, a annoncé hier que Gruppo Banca Leonardo, la banque d'affaires et d'investissement qu'il dirige, va racheter 100 % du capital de Toulouse et Associés, une autre banque d'affaires.Les deux acteurs en présence appartiennent au cercle des petites boutiques indépendantes qui ont éclos depuis quelques années. Jean-Baptiste Toulouse a créé sa banque éponyme en 2000, après avoir fait carrière chez Lehman Brothers, Rotschild et Compagnie et UBS Warburg. Il compte parmi ses associés Jean Peyrelevade, ancien président du Crédit Lyonnais et de l'UAP. Au fil des ans, Toulouse et Associés a su trouver sa place dans le conseil en fusions et acquisitions. La banque conseille Suez dans le projet de rapprochement avec GDF, mais on l'a vu aussi officier pour France Télécom, Areva, et la SANEF lors de sa privatisation.Côté italien, Gerardo Braggiotti a racheté Banca Leonardo l'année dernière, en constituant un tour de table prestigieux où figurent Eurazeo, Allianz, Fondiaria-SAI, Albert Frère. Sur son nom et son projet, Gerardo Braggiotti a réussi à lever 780 millions d'euros.Connu comme le loup blanc après avoir passé dix-sept ans chez Mediobanca, il a rejoint Lazard en 1998, où il avait non seulement la responsabilité de l'Italie, mais aussi de l'Europe. Peu convaincu par la stratégie conduite par le nouveau patron de Lazard, l'Américain Bruce Wassertein, Gerardo Braggiotti a préféré tirer sa révérence en juin 2005 et faire cavalier seul.Le rachat de Toulouse et Associés va permettre à Banca Leonardo de franchir les frontières de l'Italie. " Nous voulions être européens avec une présence à Paris. L'acquisition de Toulouse et Associés nous permet donc d'atteindre cet objectif, avec une vision commune sur ce que doit être une maison indépendante, honnête et sans conflits d'intérêts ", a expliqué hier Gerardo Braggiotti. Le nom de l'entité parisienne sera dévoilé lorsque les autorités italiennes et françaises auront donné leur feu vert à l'opération. Jean-Baptiste Toulouse sera en charge de la banque d'investissement en Europe, tandis que Jean Peyrelevade présidera les activités en France.Banca Leonardo veut s'inspirer des banques d'affaires à l'ancienne, comme Warburg, en conjuguant le conseil en fusions et acquisitions, la gestion d'actifs et le capital investissement. Les équipes devront développer le business en Espagne, en Allemagne, au Benelux et en Scandinavie.Extrême discrétion. Les objectifs sont ambitieux, reste désormais à les mettre en musique. " Il y a de la place pour nous aux côtés des grandes maisons internationales, de Lazard et de Rotschild ", insiste Jean-Baptiste Toulouse. Quant à Jean Peyrelevade, il estime que cette opération " va faire gagner beaucoup de temps " pour se développer.On attend maintenant de connaître le tableau de chasse du nouveau groupe, sachant que Gerardo Braggiotti est un adepte de la plus extrême discrétion : " Mon rêve c'est de ne jamais apparaître dans les league tables. Ce n'est pas intéressant ". Un discours pour le moins détonnant chez les banquiers d'affaires.

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