Crédit Agricole veut doper l'assurance-vie

Le Crédit Agricole vient de lancer une campagne publicitaire multimédia (télé, presse, affichage, Internet) sur le thème de l'épargne. Selon Hugues Brasseur, directeur du marché des particuliers de la banque, cette opération traduit une nouvelle orientation stratégique qui vise à " rendre nos offres plus lisibles ". L'un des objectifs avoués est de relancer l'assurance-vie qui représente en moyenne 60 % des quelque 20 milliards d'euros d'épargne annuelle collectée par l'établissement contre 30 % pour les placements bancaires (comptes à terme, etc.) et 10 % pour les investissements sur des fonds boursiers (Sicav, FCP).Or l'an dernier la collecte d'assurance-vie a souffert au Crédit Agricole. Elle a certes atteint 12,7 milliards d'euros mais seulement 480.000 contrats d'épargne ont été souscrits (à ajouter à 350.000contrats de prévoyance et 70.000 contrats obsèques) à comparer avec les 700.000 contrats d'épargne signés en 2006 (plus 340.000 contrats de prévoyance). Jean-Yves Hocher, directeur général de Predica, la filiale d'assurance-vie du groupe, voit plusieurs explications à ce recul. En premier lieu, l'annonce précoce de la fermeture fin 2007 aux nouvelles souscriptions des contrats monosupports en euros, jusqu'alors produits phares de la banque, a eu pour conséquence de placer les commerciaux en position d'attente. Ensuite, le patron de Prédica observe que " 2007 n'a pas été une année de forte collecte car le réseau a été très mobilisé par les transferts Fourgous qui ont représenté 11 milliards d'euros ".INFLECHISSEMENTDE LA POLITIQUE COMMERCIALELa loi a autorisé les transferts, dits " Fourgous ", du capital placé sur une assurance-vie monosupport en euros vers un contrat multisupport (doté d'un fonds en euros et de fonds boursiers) sans perte de l'antériorité fiscale de la souscription initiale. Enfin, l'assurance-vie a été pénalisée au dernier trimestre 2007 par un infléchissement de la politique commerciale de la banque. " Une façon de palier la crise de liquidités a été de vendre aux clients des comptes à terme adossés à l'Euribor 3 mois ", indique Jean-Yves Hocher. La vente a été facilitée par le niveau élevé des taux à court terme. " C'est un effet passager. S'il se résorbe, il se résorbera très vite ", estime le patron de Prédica, qui espère bien un retour " à la tendance naturelle du marché de l'assurance-vie, c'est-à-dire une croissance de 5 ou 6 % en 2008 ".Il compte beaucoup sur le produit d'assurance-vie commercialisé depuis le 3 janvier. Il attend 300.000 ouvertures en 2008 de ce contrat baptisé Cap Découverte qui cible des clients jeunes ou peu fortunés. Le démarrage est conforme à l'objectif : en trois jours, 3.000 souscriptions ont été enregistrées.

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