LA TRIBUNE. Comment faire évoluer la formation afin qu’elle puisse couvrir les besoins des métiers de demain ?
SABRINA ROUBACHE. Nous ne pouvons pas parler de métier si nous ne parlons pas de formation. La voie professionnelle a été complètement transformée grâce au président de la République, qui a impulsé sa transformation dès 2017. La voie professionnelle devient de plus en plus un choix, quelque chose de non subi. Je le constate dans les lycées professionnels puisque c’est le seul bac qui est, cette année, en augmentation là où le bac général et le bac technologique diminuent. En montrant la diversité des métiers, des compétences dont nous allons avoir besoin fait davantage de moi la ministre de la compétence.
Qu’en est-il de l’apprentissage ?
Je suis également la ministre qui vient promouvoir ce dispositif qui a énormément marché. Dès que l’on y touche, il y a levée de boucliers et c’est normal : l’apprentissage est probablement l'une des plus grandes réussites de ces deux derniers quinquennats. Nous sommes passés de 300 000 à un million d’apprentis. Les entreprises, notamment les petites et même les start-up jouent le jeu de l’apprentissage. Il faut démontrer à notre jeunesse que tout est possible en France, que l’on est dans un pays où il est possible de se former toute sa vie, se tromper, faire des passerelles et des allers-retours. Nous aurions tort de nous priver de ce qui marche, notamment au regard de toutes les compétences dont nous allons avoir besoin et qui se transforment avec l'intelligence artificielle, véritable sujet de souveraineté, qui dépendra de notre capacité à la produire et à la générer nous-mêmes.
L’apprentissage a été un point de crispation lors des débats sur le budget 2026 à l’automne dernier. Quel est le message que vous voulez faire passer à quelques mois du début des débats autour du budget 2027 dont le maître-mot sera, cette année encore, « économies » ?