L'offre visant TDC rend ses obligations spéculatives

La réaction des agences de notation n'a pas tardé. À peine les administrateurs de TDC ont-ils recommandé aux actionnaires du groupe de télécommunications danois d'accepter l'offre en numéraire de 76 milliards de couronnes danoises (12 milliards de dollars, ou 15,6 milliards dette comprise) déposé mercredi par les cinq fonds d'investissement Apax Partners, Permira Advisors, Blackstone, Providence, Equity Partners et KKR que Moody's a dégradé la note de la dette de l'opérateur historique en catégorie spéculative (de Baa1 à Ba1). Standard and Poor's, de son côté, a jugé "probable" un passage de sa note (BBB +) dans le bas de la catégorie "BB" une fois l'opération finalisée.L'ensemble des ratings de TDC reste en outre placé sous surveillance, avec implication négative, les agences attendant de connaître avec précision le degré d'endettement de l'opérateur après l'acquisition. Pour Standard and Poor's, la dette pourrait atteindre six fois les recettes avant impôts et charges d'intérêt (Ebitda).Nouvelles perspectives. Par sa taille, cette acquisition à effet de levier (leveraged buy out, LBO) ouvre peut-être de nouvelles perspectives au marché européen des LBO : il s'agit à la fois du plus important jamais conclu en Europe et de la plus grosse opération de ce type depuis l'acquisition de RJR Nabisco par KKR, en 1989. Mais elle dégrade sensiblement la qualité des 4,1 milliards d'euros de titres de dette émis précédemment par TDC.Les porteurs d'obligations, qui craignaient le pire depuis plusieurs mois, peuvent néanmoins s'estimer heureux : alors que les titres ne sont pas dotés d'une clause de changement de contrôle, qui aurait obligé l'acquéreur à rembourser les emprunts obligataires existants, le consortium s'est quand même engagé à les racheter "au pair", c'est-à-dire à leur valeur nominale. Une situation beaucoup plus favorable que celle qui avait provoqué la fureur des porteurs de dette d'ISS en avril. Goldman Sachs Capital Partners et EQT avaient alors refusé de racheter les titres obligataires en circulation.Au final, le marché européen de la dette privée, qui, en début d'année, craignait une explosion des fusions et acquisitions et des LBO, a plutôt bien réagi. Après le succès de l'opération de Wind, il se prépare en outre dans le calme à accueillir sa plus importante émission d' "obligations pourries" (junk bonds). Le détail du financement de l'opération devrait être officiellement annoncé aujourd'hui. Mais les banques ont déjà prévenu qu'un prêt relais de 2 milliards d'euros allait être refinancé de cette façon.Sophie Rolland

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