Achever le chantier de la zone euro

C'est un fin connaisseur qui le dit, George Soros, le spéculateur qui a provoqué l'explosion du système monétaire en 1992 : « L'euro est une monnaie incomplète. » La crise des obligations grecques cette semaine a mis en lumière un effet pervers de l'union monétaire : l'euro protège tellement les pays membres qu'il les incite à ne pas entreprendre les efforts pour réduire leur déficit et réformer leur économie. Mais la facture arrive quand même, sous la forme de taux d'intérêt élevés pour leurs obligations.Pas question de soulager les Grecs et leurs 13 % de PIB de déficit : « On les a déjà aidés, aidés, aidés », souligne un haut responsable européen. En revanche, on réfléchit à un mécanisme pour contrôler la mise en oeuvre des réformes structurelles. Le problème, c'est que ces réformes ne dépendent pas exclusivement de l'Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone monétaire. On réfléchit donc à une surveillance mutuelle au niveau des chefs d'État et de gouvernement.Deux dangers nouveaux se profilent pour la zone euro, à cause de son inachèvement. L'« effet dominos », tout d'abord, selon le banquier central de l'un des pays concernés, c'est-à-dire le risque de contagion de la crise de défiance à d'autres pays. Hier l'Islande et l'Irlande, aujourd'hui la Grèce, demain le Portugal et l'Espagne ? Le second péril qui pointe est l'effet dépressif des réductions massives de dépenses budgétaires dans toute la périphérie de l'Europe, qui était jusqu'ici la région la plus dynamique du continent. Pour n'avoir pas fait le travail à l'heure, l'Europe se trouve contrainte de s'ajuster au pire moment. e. i. et f. l.

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