Les universités parisiennes se réorganisent en pôles

Les universités parisiennes vont-elles enfin réussir à s'entendre ? Alors que partout en France, à la faveur de l'opération Campus, une quinzaine de pôles de recherche et d'enseignement supérieur (Pres) se sont déjà créés ou sont en passe de le faire, surpassant parfois les frontières territoriales (Nancy-Metz, Aix-Marseille, Bourgogne-Franche-Comté), les établissements de Paris intra-muros (300.000 étudiants) tergiversent depuis plus d'un an. Au plus grand agacement de Valérie Pécresse qui ne compte pas transiger. Pour bénéficier des 700 millions d'euros que le plan Campus leur réserve, une réorganisation en trois grands Pres est indispensable.Avec en plus la carotte du grand emprunt, qui promet 7,7 milliards d'euros de financement à « cinq à dix campus d'excellence » (Saclay recevant indépendamment 1 milliard), les rivalités s'estompent et certaines alliances inattendues se dessinent. Deux Pres sont les plus avancés. Université Paris-Cité, qui réunit huit établissements autour de Paris V-Descartes, Paris VII-Diderot, Paris III-Sorbonne Nouvelle et Sciences po Paris, attend que le ministère approuve sa demande de regroupement en établissement public de coopération scientifique. De son côté, le Pres La Sorbonne qui allie Paris II-Assas, Paris IV-Sorbonne et Paris VI-Pierre-et-Marie-Curie (UPMC) devrait se constituer, « d'ici à juin », en fondation de coopération scientifique, selon le président de l'UPMC, Jean-Charles Pomerol.RalliementMais au fil des tractations, ces deux Pres ont laissé de côté certaines universités. C'est le cas de Paris I-Panthéon Sorbonne. Même si l'université est partie prenante dans le futur campus Condorcet-Aubervilliers, cela n'empêche pas son président, Jean-Claude Colliard, qui veut rester « un acteur majeur de Paris », de rallier actuellement à sa cause des grandes écoles pour constituer un troisième Pres. Il est notamment en pourparlers avec l'ESCP Europe. C'est le cas aussi de Dauphine. Cette université sélective au statut particulier (c'est un « grand établissement ») lorgne sur le futur « cluster » financier promis par Nicolas Sarkozy. Mais ce projet est lointain. Alors, la manne potentielle du grand emprunt l'a conduit à se rapprocher du projet de campus Paris Sciences Lettres-Quartier latin (PSL) qui allie, sous la houlette de Normale sup (ENS Ulm), les établissements prestigieux de la montagne Sainte-Geneviève (Collège de France, Observatoire de Paris, Chimie ParisTech, etc.). Cette alliance de la carpe et du lapin devrait permettre à terme à l'ENS et à Dauphine d'être candidat au statut de campus d'excellence. Mais pour l'heure, face à l'urgence de rénover certains bâtiments (notamment les départements de physique-chimie de la rue Lhomond), la directrice de l'ENS Ulm, Monique Canto-Sperber, compte se concentrer sur son projet de campus afin de créer au plus tard en avril une fondation de coopération scientifique. Le schéma directeur sur l'immobilier universitaire que doivent présenter ce mois-ci Bernard Larrouturou et le recteur de Paris devrait conforter ou non ces projets.

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