Quitte ou double pour Anne Lauvergeon

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Le démenti de l'Élysée n'y a rien fait. La rumeur qui annonçait ces derniers jours le débarquement « imminent » d'Anne Lauvergeon, la présidente du directoire d'Areva, a continué de courir. Le bouche-à-oreille donnait Pascale Sourisse, membre du comité exécutif de Thales, pour la remplacer. Selon le site WanSquare, l'État compterait annoncer cette décision le 4 mars, lors du prochain conseil de surveillance. Pour faire bonne mesure, « Challenges » a ajouté quelques candidats potentiels, plutôt des femmes : Marion Guillou (Inra), Mireille Faugère (SNCF et administratrice d'EDF) et Jean-Pierre Clamadieu (Rhodia).« Pourquoi pas Geneviève de Fontenay ? » ricane-t-on dans les couloirs d'Areva. De telles rumeurs courent presque sans interruption depuis l'arrivée d'Anne Lauvergeon à la tête de la Cogema, en 1999. Une fois encore, l'emblématique patronne d'Areva, dont le deuxième mandat se termine mi-2011, semble fragilisée. L'échec d'Abu Dhabi, qui apporte de l'eau au moulin d'Henri Proglio au moment où le nouveau patron d'EDF revendique la tête de la filière nucléaire française, vient allonger la liste des récents déboires du groupe (départ de Siemens, retard du chantier finlandais, vente forcée de T&D...). Et la mission de réflexion sur le nucléaire, confiée par Nicolas Sarkozy à François Roussely, proche du PDG d'EDF, va porter un coup fatal à Areva, répètent partout les détracteurs d'« Atomic Anne ».L'hypothèse du démantèlement d'Areva semble toutefois, de sources concordantes, écartée. « On ne va pas scinder le groupe au moment où on travaille à son augmentation de capital », souligne-t-on au gouvernement. Combustible (ex-Cogema) et réacteurs (ex-Framatome), réunis au sein d'Areva en 2001, continueront à cohabiter. D'ailleurs, même les plus fidèles ennemis d'Anne Lauvergeon ne le réclament plus. « Il n'y a certes pas de synergies entre les deux branches, mais de là à tout défaire... » soupire l'un d'eux.Une autre vision du bilanAnne Lauvergeon, fine politique, profitera sans doute de la présentation de ses résultats, jeudi, pour donner une toute autre vision de son bilan. L'augmentation de capital, qu'elle réclame depuis quatre ans, devrait être bouclée en mai. « On pourrait dépasser les 15 % », glisse-t-on en interne. Le japonais MHI et les fonds souverains du Qatar et du Koweït vont chacun acquérir environ 5 % des titres. Toujours pour financer son développement, le groupe est en train d'encaisser les 4,1 milliards d'euros issus de la cession de la branche T&D, achetée 920 millions en 2004.Enfin, pour la deuxième fois depuis le début du chantier de l'EPR en Finlande en 2005, Areva ne devrait pas annoncer de nouvelles provisions ce semestre. Les pertes finales restent estimées à 2,3 milliards d'euros. Anne Lauvergeon en est si soulagée qu'elle a même envisagé de présenter son bilan 2009 depuis Olkiluoto. Quant à la mission Roussely, dont Nicolas Sarkozy pourrait anticiper certaines conclusions lors de la conférence sur le nucléaire à Paris les 8 et 9 mars, Areva fait mine d'en attendre des arbitrages de l'État susceptibles de donner une meilleure efficacité... à ses propres efforts à l'export.

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