La droite promet l'austérité en République tchèque

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Les électeurs tchèques ont créé la surprise, lors des élections législatives du 28-29 mai, en offrant une nouvelle fois le pouvoir à une coalition de centre-droit. Ceci alors que tous les sondages prévoyaient une victoire assez large de l'opposition. Le CSSD (Parti social-démocrate) arrive ainsi en tête, avec 22,1 % des voix, soit 2 points d'avance seulement sur les conservateurs eurosceptiques de l'ODS (Parti démocratique civique). Et en dépit de ce mauvais score, c'est Petr Necas, 45 ans, le leader de l'ODS, formation pourtant discréditée par les scandales, qui devrait former le futur gouvernement. Il a commencé à négocier avec les « vedettes » du scrutin, deux nouvelles petites formations de centre-droit : VV (Affaires Publiques) et Top 09. La première n'a pour elle que la célébrité de son chef, Radek John, ancien présentateur sur la télé populaire Nova. En dépit de ses 11 %, il aura du mal à fournir au futur gouvernement des personnalités compétentes.... La deuxième, dirigée par le débonnaire aristocrate Karel Schwarzenberg, est devenue la troisième force du pays, ayant obtenu plus de 16 % des suffrages. « L'image paternelle, responsable et sage du ?Prince?, a réussi à plus que doubler le score de ces petites formations libérales-libertaires qui depuis vingt ans ne trouvaient de soutien qu'à Prague », analyse le politologue Jiri Pehe, ancien conseiller de Vaclav Havel. Ce spécialiste ne manque pas de fustiger la campagne de dénigrement dont les principaux media se sont rendus coupables vis-à-vis des sociaux-démocrates et de leur chef, Jiri Paroubek. Ce dernier a annoncé sa prochaine démission. Il sera remplacé par Bohuslav Sobotka. objectifs ambitieuxLes griefs de la presse ? « Les sociaux-démocrates vont creuser les déficits et faire du pays une autre Grèce, avec l'appui des communistes », a-t-on pu lire et entendre un peu partout. Le message a fait peur dans un pays certes égalitaire mais en même temps « petit-bourgeois ». Ajoutons que Jiri Paroubek n'avait pas exactement fait preuve de responsabilité en faisant tomber le gouvernement de droite en pleine présidence tchèque de l'UE... pour finalement faire annuler par le Parlement des législatives anticipées prévues en octobre dernier. Quoi qu'il en soit, les Tchèques, désabusés de la politique, contrôlée depuis vingt ans par les deux grands partis, ont voté pour de « nouveaux produits de marketing », qui leur promettent tous la rigueur et les sacrifices. Alors que le gouvernement de transition voulait réduire le déficit de 5,8 % du PIB cette année à 4,8 % l'an prochain, Petr Necas s'est voulu, dans le sillage des résultats, encore plus ambitieux. Le nouvel objectif devrait être un déficit de 4 à 4,5% du PIB, le tout dans un contexte de reprise molle (1,5 % attendu), après une contraction de 4,1 % l'an dernier. Christine Dupré, à Prague

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