Les terres d'Ukraine attirent les étrangers

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D' ici quelques semaines, la moisson devrait débuter en Ukraine. Un moment important dans la vie de ce pays, ancien « grenier à blé de l'URSS » qui aspire à redevenir une vraie puissance agricole. « L'Ukraine est le troisième exportateur mondial de céréales derrière l'Europe et les Etats-Unis mais ce pays devrait d'ici les trois prochaines années dépasser l'Europe », avance Jean-Jacques Hervé, conseiller auprès du Crédit Agricolegricole dans ce pays. « Elle peut doubler son potentiel de production céréalière à 100 millions de tonnes d'ici les 15 à 20 prochaines années et multiplier par trois ses capacités d'exportation », estime-il, avant de rappeler que 20 % au moins des terres sont aujourd'hui sous cultivées. Ce potentiel n'a pas échappé aux investisseurs étrangers qui, de l'agriculteur aisé au holding, se bousculent au portillon afin d'exploiter quelques parcelles de ces fameuses « terres noires ». Car, pour l'heure un moratoire interdisant la vente de ces terres court jusqu'en 2012 au moins. « Tout milite pour que le moratoire soit prolong頻, poursuit Jean-Jacques Hervé, « les patrons de holding eux-même ne sont pas favorables à sa levée ». Alors que viennent chercher ces investisseurs ? La fertilité de la terre, les coûts de production 3 à 4 fois plus faibles qu'en Europe de l'Ouest, la fiscalité avantageuse sont autant d'arguments qui séduisent les nouveaux venus. Même si les barrières à l'entrée sont nombreuses, en témoigne le coût initial de l'investissement, d'environ 700 euros par hectare et les surprises. « La part du lion reste entre les mains des Ukrainiens, souligne Jacques Faure, ambassadeur de France en Ukraine, mais les étrangers, notamment des Français, anglais et Suédois sont très présents. » Si les agro-holding ukrainiens dominent le paysage - cinq d'entre elles contrôlent des superficies supérieures à 100.000 hectares, à savoir Nibulon, MHP, Astarta, Mryia, MCB Agro et Kernel, les étrangers, avec pour l'heure 5 % du marché, grappillent de plus en plus de place. « Certains groupes étrangers se sont rués en 2007 sur le pays pour spéculer dans ce domaine, ils ont accumulé les hectares qu'ils ont sous-exploités et se retrouvent pour certains d'entre eux acculés à réduire leurs emblavements », explique le directeur financier d'Agrogénération, agro-holding français. « Il y a beaucoup d'opportunités, du moins tant que les prix des loyers n'augmentent pas », ajoute-t-il. Le Français s'est d'ailleurs hissé depuis l'acquisition de l'ukrainien Vinal au rang de premier agro-holding étrangère au coude-à-coude avec le suédois Trigon, tous deux contrôlant environ 45.000 hectares. « Nous visons les 100.000 hectares d'ici à 2012 », rappelle Charles Vilgrain, cofondateur d'AgroGénération, « ce qui nous situerait parmi le top 10 ou 20. » Les Européens sont cependant loin d'être les seuls. Les fonds souverains de certains pays émergents, arabes notamment, ont également des vues sur ces terres. « Les Saoudiens sont ceux qui sont le plus à prendre au sérieux », souligne le directeur en Ukraine d'AgroGénération. Des groupes privés sont à l'oeuvre. « Amako, un spécialiste de matériel agricole détenu par un Saoudien a par exemple commencé lui aussi à investir dans la terre l'année dernière », explique-t-il.

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