Les entreprises toujours peu enclines à déprécier

Selon la dernière enquête de PricewaterhouseCooper (PwC) réalisée dans le cadre des tests de dépréciation d'actifs imposés par les normes IFRS, la dévaluation massive qui semblait logique après deux années de crise n'a pas eu lieu. Si trente-quatre sociétés du CAC 40 sur les trente neuf étudiées ont constaté des dévalorisations cette année, au titre de l'exercice 2009, « le niveau des dépréciations est demeuré modeste en valeur par rapport à la valeur globale des actifs corporels et incorporels inscrits à l'actif des bilans des groupes du CAC 40 » indique PwC. L'an dernier (au titre de 2008), trois sociétés avaient déprécié plus d'un milliard d'euros. Cette année, la plus forte dépréciation est réalisé par Vivendi avec 918 millions. Au total, le montant atteint 8,5 milliards d'euros en 2009, contre 12,9 milliards en 2008. Avec respectivement 1,16 % et 1,93 % de la valeur de l'actif total, le niveau est effectivement modéré. Trop peut-être.Forte incertitude Vu l'évolution des actions et des capitalisations boursières, un sentiment de sous-évaluation naît. Entre janvier 2008 et fin 2009, le CAC a en effet perdu près de 30 %. Mais « les opérateurs sur les marchés financiers agissent souvent avec une vision à court/moyen terme qui ne permet pas toujours d'appréhender la valeur d'une activité sur une période plus longue » note PwC. Aussi, dans le contexte actuel, la valeur d'utilité, qui permet de considérer les actifs dans une perspective de cinq à dix ans, a donc été majoritairement utilisée au détriment de la juste valeur. Pour Françoise Gintrac, associée de PwC, c'est le signe que, si les perspectives à long terme ne sont pas remises en cause, une forte incertitude à court terme, quant au calendrier de la reprise, persiste.Pourtant, à l'origine, le but de ces tests était d'assurer, au moins une fois l'an, que la situation patrimoniale des sociétés reflète correctement la réalité économique et financière du moment. Encore faut-il que les entreprises jouent le jeu jusqu'au bout. Or à regarder de plus près la composition de l'actif dans le bilan des entreprises du CAC, les écarts d'acquisitions, aussi appelés « goodwill », détiennent une place importante. Selon les données Ricol Lasteyrie, en 2007, ils représentaient 41,8 % de la valeur totale des actifs, 46,6 % en 2008 et 44,1 % en 2009. Contrairement aux actifs corporels ou incorporels purs, leur dépréciation est définitive. Ce n'est donc peut-être pas par hasard si leur part dans les dépréciations est passée de 73 % en 2007 à 49 % en 2009 au profit des actifs « ré-évaluables ». Nouvelle en temps de crise, l'application des tests d'appréciations nécessite prudence et mesure dans l'estimation et l'ampleur de la dépréciation. Il ne faut certes pas être trop volontariste pour coller au mieux à la réalité économique. Mais attention : une sous-évaluation ou une projection à trop long terme ferait passer les sociétés à côté de la crise. Alors plus dure serait la chute.

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