Dans l'euphorie des régionales, les socialistes pensent à 2012

Un sondage ne fait certes pas le printemps. Mais plusieurs enquêtes publiées lundi, jour de l'ouverture de la campagne officielle des élections régionales, amplifient la tendance observée depuis plusieurs semaines : la gauche serait en mesure de réaliser un « grand chelem » dans les vingt-deux régions de France métropolitaine en emportant l'Alsace et la Corse le 21 mars. Une enquête Ifop promet même au PS une première place nationale au soir du premier tour, le 14 mars, avec 31 % des intentions de vote, contre 27,5 % à l'UMP. « Nous pouvons gagner toutes les régions et nous le devons, car les Français en ont besoin », a déclaré dimanche la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, qui estime que les collectivités conservées ou gagnées par la gauche permettront d'amortir les effets du « coup de bambou » social que le gouvernement prépare pour l'après-régionales.Pour son prédécesseur à la tête du PS, François Hollande, les régions ne seront pas simplement des « amortisseurs de crise », mais aussi, et surtout, « des anticipateurs de l'économie de demain », pour préparer le retour de la gauche au pouvoir à la faveur de l'élection présidentielle. Car le député de Corrèze, présidentiable déclaré au PS, croit désormais possible la défaite de Nicolas Sarkozy. « Il y a toujours un risque quand on est sortant », plaisante François Hollande, à propos des présidents de région socialistes. Avant de préciser : « Je dis cela pour 2012. »Cette douce euphorie qui gagne les rangs socialistes est à peine tempérée par l'affaire Frêche en Languedoc-Roussillon, qui est pourtant le prélude des batailles à venir autour de la préparation des primaires pour la désignation du candidat socialiste à l'élection présidentielle.Elle se conjugue avec le retour d'une certaine tentation hégémonique, là aussi dans la perspective de la présidentielle. Signe de la tension qui s'installe entre futurs partenaires d'une majorité de gauche, Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, a dénoncé l'attitude « un peu méprisante » de certains présidents de région PS vis-à-vis d'Europe Écologie, crédité de 13 % à 15 % dans les sondages. Mettant en garde la Rue de Solferino contre d'éventuelles triangulaires de second tour dans des régions comme Poitou-Charentes, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes ou Bretagne, elle a jugé qu'un accord d'alliance devait être conclu « dans toutes les régions ». « On ne pourra pas acheter Europe Écologie par petits paquets », a-t-elle souligné.résolument optimisteMartine Aubry se veut résolument optimiste, assurant qu'« il n'y aura pas de problème de rassemblement » entre les deux tours des régionales. Et certains voient déjà plus loin, comme Daniel Cohn-Bendit, qui se dit prêt à échanger un soutien des écologistes au candidat PS à la présidentielle contre une cinquantaine de circonscriptions aux législatives. Pour l'instant, seul François Hollande a dit « chiche » au leader d'Europe Écologie. À l'UMP, l'optimisme socialiste commence à susciter une forte irritation. Et ce, d'autant plus que, selon les sondages, l'abstention menace davantage dans les rangs de la droite que dans ceux de la gauche. Hélène Fontanaud

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