Jean-François Rial... Et la paix est un voyage

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Derrière de minuscules lunettes rondes, le regard est pétillant et grave à la fois. À 47 ans, Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du Monde, évoque assez peu l'image de l'homme d'affaires. Il n'y tient pas, d'ailleurs. Pour lui, la réussite de son entreprise sert surtout à continuer à faire ce qu'il aime. Voyager, faire partager l'amour du voyage. Mais attention, rien à voir avec les packages habituels sable fin et noix de coco?: «?je n'ai rien contre, du tout, mais ce n'est pas notre métier?».Jean-François Rial a l'imagination féconde et des projets plein sa besace. Cette année, «?Le?» projet, c'est Israël-Palestine, que «?VDM?» ne proposait pas jusque-là. Ce n'est pas qu'il y ait des risques?: «?Même le quai d'Orsay ne déconseille pas ces zones.?» Mais pour faire autre chose que le tourisme religieux ou communautaire, et pour favoriser la paix, fût-ce d'un grain de sable, il fallait à Jean-François Rial un concept, une idée. Elle lui est venue grâce à l'artiste JR, ce photographe franco-tunisien qui ne veut pas d'autre galerie que la rue. Son exposition «?Face 2 Face?», en 2007, présentait d'immenses portraits noir et blanc d'Israéliens et de Palestiniens exerçant le même métier, placardés dans les rues et sur le mur de séparation. «?Je connais JR et Marco, son stratège, depuis l'époque où je dirigeais Fininfo, le Bloomberg français, raconte Rial. Ils refusent systématiquement d'être associés à une marque. Mais ils ont accepté que les photos de ?Face 2 Face? soient publiées dans notre prochaine brochure Israël-Palestine quand ils ont compris les valeurs de Voyageurs du Monde?: tolérance, humanisme, ouverture, citoyenneté mondiale. La paix est possible, on y arrivera par les peuples.?»D'autres projets?? Évidemment?! Direction l'Afrique du Sud. Encore une fois, il convient de laisser les préjugés chez soi. «?Dîner dans un restaurant à Soweto, non seulement c'est possible, mais c'est génial, s'enthousiasme Jean-François Rial. «?Et le musée de l'apartheid est époustouflant, il justifie le voyage à lui seul.?» Dans moins d'un an, on pourra résider à la Satyagraha House, la maison de Johannesburg dans laquelle Gandhi a vécu entre 1908 et 1911 et où il a conçu la stratégie de la lutte par la non-violence. L'agence l'a rachetée en janvier dernier et y proposera un séjour sous le signe du héros indien?: portables éteints, repas végétariens et méditation. «?Chaque année, on fait quelque chose qui sort de l'ordinaire?», explique celui qui à 28 ans traversait le Sahara à la boussole. On veut bien le croire.Rial est plus qu'un simple marchand de destinations?: c'est un marchand d'idées. «?Universalisme, ça fait pompeux, mais c'est vraiment le mot qui me parle le plus.?» Une agence de voyage, médiatrice de la paix... idéalisme ou réalité?? En tout cas, le PDG aux semelles de vent est président de l'association des amis d'Unitaid, cette organisation de l'ONU qui achète des médicaments contre les grandes pathologies aux meilleurs prix pour les populations du Sud. Il s'apprête à partir au Japon pour y faire du lobbying... contre ses confrères voyagistes. Ils sont vent debout contre le projet de Tokyo de rejoindre les pays qui appliquent la taxe sur les billets d'avion pour financer Unitaid. «?Je vais leur expliquer que l'industrie du tourisme ne perd pas un client du fait de cette taxe, mais que le monde entier y gagne, et nous par ricochet, s'enflamme-t-il. «?À condition qu'ils n'aient pas d'impact sur l'activité, qu'ils ne créent pas de distorsion d'activité et qu'ils n'entraînent pas de délocalisations, les financements innovants sont l'impôt indolore par excellence?!?»? Mardi?: Arnaud Marion, l'homme qui a réunifié Pleyel.

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