Le principal syndicat des contrôleurs aériens conteste les critiques de la Cour des comptes
latribune.fr
Les compagnies aériennes dénoncent régulièrement les retards et les perturbations liés aux mouvements sociaux en France ainsi que les limites de l'organisation actuelle de la navigation aérienne.
Photographer - Hans Lucas via AFP - Nicolas Guyonnet / Hans Lucas - NICOLAS GUYONNET
Le principal syndicat des contrôleurs aériens, le SNCTA, a rejeté dimanche les conclusions de la Cour des comptes sur les grèves dans la profession. Il estime que les magistrats financiers s'appuient sur des « chiffres erronés » et formulent des recommandations incompatibles avec le cadre légal du service minimum.
Le débat sur la réforme du contrôle aérien français se poursuit. Après les rapports très critiques de la commission des Finances du Sénat puis de la Cour des comptes, c'est au tour du principal syndicat des contrôleurs aériens de monter au créneau. Le SNCTA conteste les analyses des magistrats financiers sur le droit de grève et juge leurs propositions « totalement inadaptées ».
Dans un communiqué publié dimanche, le syndicat affirme vouloir « établir certains faits » et répondre à des recommandations qu'il considère comme contraires au droit en vigueur. S'il reconnaît les difficultés de l'État à planifier sur le moyen et le long terme le fonctionnement du service public de la navigation aérienne, il rejette les critiques portant sur l'exercice du droit de grève.
Le SNCTA accuse la Cour des comptes de « méconnaître l'état du droit existant » et de s'appuyer sur des « chiffres erronés », allant jusqu'à évoquer des « dates de grève qui n'existent pas ».
Sous le feu des critiques
Dans son rapport, la Cour des comptes préconise de renforcer le dispositif de service minimum, notamment lors des grands départs en vacances, afin de garantir au moins 65 % du trafic aérien prévu. Les magistrats estiment que cette évolution permettrait de limiter les perturbations pour les compagnies aériennes et les passagers.
Le syndicat rétorque qu'une telle mesure serait contraire au cadre juridique actuel. Selon lui, la loi impose que le niveau de service garanti soit proportionnel au nombre de contrôleurs non grévistes mobilisés. Fixer un seuil minimal de trafic indépendamment de cette proportion ne respecterait donc pas les dispositions en vigueur.
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Cette prise de position intervient alors que le fonctionnement du contrôle aérien français est de nouveau sous le feu des critiques. Après un rapport sévère de la commission des Finances du Sénat fin juin, la Cour des comptes a dénoncé à son tour un système jugé coûteux, insuffisamment performant et mal préparé aux défis futurs. Les compagnies aériennes dénoncent régulièrement les retards et les perturbations liés aux mouvements sociaux ainsi que les limites de l'organisation actuelle de la navigation aérienne.