Mathieu Dutrisac, l'homme du téléphone mobile au Rwanda

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C'est la meilleure décision que j'ai prise... après celle d'épouser ma femme ! » Mathieu Dutrisac ne regrette à aucun moment d'avoir choisi de venir au Rwanda. Il y est responsable des produits et des services à valeur ajoutée pour l'opérateur de téléphonie mobile Tigo. Cette filiale du groupe de télécoms suédois Millicom installe des systèmes de téléphonie mobile en Asie, en Amérique latine et en Afrique, là où le téléphone fixe est peu répandu.Mathieu Dutrisac est québécois d'origine. Il ne sera français que l'année prochaine, quand son mariage avec une Française aura duré 4 ans. Ingénieur en génie électrique de formation, il a travaillé chez l'équipementier canadien Nortel pendant quelques années. La bulle Internet du début des années 2000 lui donne envie d'aller voir à l'international. Il décroche un contrat chez Texas Instruments, qui développe des puces pour téléphones portables, à Sophia Antipolis, dans le sud de la France. Le contrat qui devait durer trois mois sera prolongé et durera finalement trois ans et demi.« Je voulais voir autre chose, j'avais le goût de l'entreprise, des affaires et l'industrie des semi-conducteurs européenne délocalisait de plus en plus », raconte-t-il. Fiancé à une ingénieure française rencontrée chez Texas Instruments, il décide de partir à Madrid faire un MBA dans une « business school réputée. Ce cursus lui permet de décrocher un emploi de « MBA assistant  » auprès du directeur des opérations de Millicom, au Luxembourg. « À ce poste, pendant un an, j'ai beaucoup appris. J'ai participé au lancement de la 3G en Amérique latine et j'ai découvert les processus de l'entreprise. » Quand le poste au Rwanda se présente, il saisit l'occasion.Loin des idées préconçues« Je n'étais jamais allé en Afrique auparavant », avoue-t-il. Et il découvre un pays en plein développement, loin des idées préconçues et de l'appréhension que la guerre a suscitées. Dans ce pays, tout est à faire en matière de télécoms. Il faut concevoir et déployer les réseaux. Il faut développer les produits, définir leur prix, assurer leur lancement auprès d'une clientèle qui a des attentes différentes de celles des Européens. Peu équipés en téléphonie fixe, les pays africains adoptent le mobile à grande vitesse pour les communications bien sûr, mais aussi pour la messagerie, les SMS ou l'Internet.Mathieu Dutrisac reconnaît que sa vie « d'expat » est bien confortable. « Notre maison est la plus grande qu'on n'ait jamais eue », reconnaît-il. Il regrette l'isolement du pays, qui n'a pas d'accès à la mer, l'absence d'infrastructures et la pauvreté de la population. Mais son travail le passionne et il ne voit pas le temps passer. Et maintenant que sa femme vient de décrocher un poste de professeur de microélectronique au Kigali Institute of Sciences and Technology, il pense qu'ils sont là pour un moment !

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