PROCHE-ORIENTLe Premier ministre palestinien jette les bases...

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Le Premier ministre palestinien jette les bases d'un État indépendantQuelle que soit l'issue des négociations, Salam Fayyad prépare la Cisjordanie à l'indépendance. Les pourparlers directs entre Israéliens et Palestiniens reprennent, jeudi, à Washington. Avant même la conclusion de ces négociations, les Palestiniens mettent peu à peu en place un État virtuel. « Nous construisons notre pays pour créer sur le terrain une réalité que le monde ne pourra pas ignorer », explique Salam Fayyad, le Premier ministre, qui s'est fixé comme objectif de jeter les bases de l'indépendance d'ici à l'an prochain quels que soient les résultats des discussions. Cet ancien haut responsable du FMI est d'ailleurs passé aux actes. Il a présenté cette semaine un plan de « préparation à la création de l'État de Palestine ».Soutien financier étrangerL'Autorité palestinienne a déjà mis les bouchées doubles depuis un an en ouvrant des dizaines d'écoles, de dispensaires, en inaugurant des projets immobiliers et des routes. Le chantier pour la première ville nouvelle palestinienne surnommée Rawabi près de Ramallah, la capitale économique de la Cisjordanie, destinée à 25.000 habitants avec à la clé des investissements de 700 millions de dollars, a commencé. La France a participé à cet élan en aidant au lancement de la première zone industrielle dédiée à des PME palestiniennes à Bethléem, tandis que l'Allemagne a fait de même à Jenine, dans le nord de Cisjordanie.Cet éveil a été notamment rendu possible par le succès remporté depuis plus d'un an sur les bandes armées de Palestiniens incontrôlés qui semaient le désordre dans les villes. Les policiers palestiniens patrouillent dans les rues, les tribunaux fonctionnent. Ce retour à la sécurité a permis à l'économie de connaître un début d'embellie avec une croissance, qui pourrait atteindre 8 % cette année. Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, partisan d'une « paix économique », a apporté sa contribution en levant une partie des barrages routiers tenus par l'armée israélienne, qui rendaient pratiquement impossible tout développement économique.Signe de ces temps nouveaux : le plus important fonds d'investissement privé du Moyen-Orient, Abraaj Capital basé à Dubai, va ouvrir, à Ramallah, un bureau qui gérera dans un premier temps un portefeuille de participations de 50 millions de dollars dans des PME locales. bémolDans ce tableau encourageant subsistent toutefois deux inconnues de taille. L'Autorité palestinienne ne contrôle pas la bande de Gaza où le taux de chômage (39 %, selon la Banque mondiale) est deux fois plus important qu'en Cisjordanie (18 %). La bande de Gaza reste en effet sous l'emprise des islamistes du Hamas hostiles à l'idée même de négociations avec Israël et l'économie ne peut à elle seule résoudre des problèmes avant tout politiques. Pascal Lacorie, à Jérusalem

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