« Les candidats à la présidentielle devront s'exprimer sur l'énergie »

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STRONG>Eloi Laurent, économiste à l'OFCE*Les secteurs verts auraient perdu des emplois en mars. Etes-vous surpris ?Il faut déjà s'assurer de la fiabilité statistique de ces conclusions et je serais prudent avant de parler d'inversion de tendance. Mais étant donné les agissements du gouvernement en matière de subventions au secteur photovoltaïque, cela n'a rien d'étonnant. Il faut aussi prendre en compte la compétition internationale, dans laquelle la France n'est pas forcément la mieux placée.À quoi tient la fragilité de cette économie verte ?À deux phénomènes majeurs. D'une part, le cadre général des négociations internationales sur le climat. Tant qu'il n'y aura pas d'accord global assorti d'objectifs nationaux de réduction des émissions de CO2, les gouvernements ne feront pas le nécessaire pour déployer les incitations économiques indispensables pour faire décoller les secteurs « décarbonés ». En outre, avec une contrainte budgétaire forte, il faudrait déplacer les subventions favorables aux énergies fossiles vers les énergies alternatives, la rénovation thermique des bâtiments, l'efficacité énergétique...Quelle est la marge de manoeuvre du gouvernement ?Quand les dépenses publiques et les prélèvements obligatoires représentent 50 % du PIB, l'État a tous les leviers d'action, à commencer par la fiscalité. On a raté le coche avec la taxe carbone, déjà en vigueur ou prévue en Europe du Nord, dans certaines provinces canadiennes, en Australie, en Irlande. Au Royaume-Uni, les pétroliers sont taxés pour financer la lutte contre la précarité énergétique. En France aussi, les compagnies pétrolières sont assises sur une mine d'or tandis que l'énergie devient inabordable pour les ménages les plus modestes. Le nucléaire et le gaz de schistes ne sont que des énergies de diversion, qui retardent le moment où on s'attaquera aux vraies solutions, économies d'énergie et efficacité énergétique. L'énergie est un sujet social et la précarité énergétique une bombe à retardement. Les candidats à la présidentielle seront contraints de proposer des solutions. Propos recueillis par Dominique Pialot * Observatoire français des conjonctures économiques.

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