Prudential se veut confiant pour l'avenir

Presque trois mois jour pour jour après l'annonce de la signature du « deal du siècle », Prudential a jeté l'éponge. Contraint par ses actionnaires réticents, le groupe a renoncé à son offre à 35,5 milliards de dollars sur AIA, la filiale asitique d'AIG. Tout en persistant à défendre la logique du rachat dans leur communiqué, les dirigeants de Prudential ont invoqué la baisse récente des marchés comme un des facteurs ayant fait capoter l'opération.L'avenir de l'assureur britannique et de sa direction est écrit en pointillé même si hier, son directeur général, Tidjane Thiam, affichait sa sérénité. «Nos activités existantes en Asie ont réalisé une nouvelle performance record au premier trimestre et nous continuerons à chercher à produire de la valeur pour nos actionnaires à travers tout notre portefeuille d'activités », a-t-il déclaré. Réputé brillant, encensé lors de son séjour de trois ans et demi chez le Britannique Aviva, le franco-ivoirien a subi un revers majeur. D'abord directeur financier de Pru, il avait freiné une première tentative d'achat d'AIA. « à mon arrivée chez Prudential en mars 2008, j'étais déjà très pessimiste (sur la santé de l'économie mondiale, Ndlr), indiquait-il un an plus tard. J'ai donc plaidé pour une stratégie très prudente. » Propulsé à la tête du groupe, il a ensuite porté ce projet. Les actionnaires désireront-ils garder un homme dont l'accord du 1er mars portait très nettement le sceau, et qui va leur coûter environ 450 millions de livres, soit 520 millions d'euros (152,6 millions de livres de compensation plus 300 millions de frais) ? Les analystes penchent plutôt pour son maintien à son poste. « Il reste très bien perçu par les investisseurs », assure Anthony Silverman, chez Standard & Poors Equity Research. rumeurs de scissionLa question pourrait se poser différemment. Lors de son embauche, l'ancien directeur exécutif Mark Tucker avait souligné que « la diversité de son parcours et de son expérience le désigne pour aider Prudential dans la prochaine phase de son développement ». Or, gardera-t-il encore les mains libres ? Ces dernières semaines, les rumeurs d'une scission de Pru se sont multipliées, tout comme celles de son acquisition par un concurrent. Barrie Cornes, analyste chez Panmure Gordon, n'y croit pas vraiment : « Cette affaire a montré que personne n'est prêt à se lancer dans une telle opération en ce moment et Pru vaut quand même près de 15 milliards de livres sterling. » L'analyste perçoit en revanche une option du côté de la branche asiatique de Pru. « En reprenant les critères utilisés pour valoriser AIA, nous arrivons à une valorisation de la branche asiatique de Pru de 12,6 milliards de livres sterling. L'ensemble étant valorisé 14,6 milliards, cela signifie que le groupe est sous-valorisé de 75 % ! Ce qui milite pour la cotation des actifs asiatiques à Hong Kong. » Prudential a introduit fin mai à la Bourse de Hong Kong 2% d'actions déjà existantes.

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