Les salariés de Thales électroniquement las

Quand le PDG de Thales, Luc Vigneron, assure que le malaise du groupe est aujourd'hui de l'histoire ancienne remontant à l'automne 2009, il oublie opportunément les résultats, très mauvais, d'un sondage interne réalisé par l'Association du personnel actionnaire de Thales (Apat) auprès de ses adhérents en février-mars 2010. Un questionnaire qui remonte à moins de trois mois seulement...Envoyé à environ 3.500 personnes, il a été retourné à l'Apat par 300 à 400 adhérents. Les questions sont sans ambiguïté : Est-ce que votre compréhension de la vision de la direction générale est aujourd'hui plus claire, compte tenu des diverses communications qui vous sont parvenues ? Est-ce que la stratégie de Thales vous semble plus lisible ? La nouvelle organisation vous semble-t-elle répondre aux exigences inhérentes à la complexité du groupe ? êtes-vous confiants quant à la capacité de l'équipe dirigeante à créer de la croissance rentable, à renforcer Thales à l'international, à retrouver un cours de Bourse réaliste ? Selon des sources concordantes, chacune de ces questions a recueilli entre 60 % et 70 % de réponses négatives. « Nous avons été à la fois surpris et très inquiets par l'ampleur des réponses négatives », explique-t-on à « La Tribune ».« De l'histoire ancienne »Craignant que les résultats du sondage deviennent malgré eux un référendum contre le PDG de Thales, l'Apat ne les a jamais communiqués à ses adhérents... Mais elle les a présentés à Luc Vigneron « pour l'aider à prendre conscience du moral du corps social de l'entreprise ». Interrogé par « La Tribune », le président de l'Apat Sylvain Masiéro, qui n'a pas souhaité commenter les résultats, estime que ce sondage est « de l'histoire ancienne » et « ces éléments périmés ». Et de préciser que « les choses ont évolué », grâce à « des actions initiées par la direction  ». Cette dernière vient en effet de lancer un plan de communication massif pour expliquer la stratégie et la réorganisation du groupe. « Les résultats seraient aujourd'hui différents si on lançait un nouveau sondage », pronostique Sylvain Masiéro. Chiche ! De leur côté, les syndicats ne sont pas prêts de désarmer. L'intersyndicale, qui s'était mobilisée pour les salaires en début d'année, puis sur les problèmes de management, n'est pas dissoute même si les troupes sont pour l'heure plus calmes. « Force est de constater, un an après, que ce malaise ne s'est pas dissipé », avait interpelé le secrétaire du comité central d'entreprise, Alain Desvignes, lors de l'assemblée générale des actionnaires. Mais, faute d'éléments nouveaux, elle attend son heure pour réapparaître. Enfin, ces dernières semaines, des départs au sein du top management se sont poursuivis. C'est le cas de Benoit Ribadeau-Dumas, patron de l'activité Sonar. « Son départ est assez symbolique de la fuite silencieuse mais réelle des cadres dirigeants les plus mobiles, ceux qui sont repérés de l'extérieur car à haut potentiel », analyse-t-on en interne. D'autres pourraient être annoncés bientôt. À commencer par Pascale Sourisse, la patronne des systèmes de défense et de sécurité, qu'on dit partante au premier poste de PDG qui doit se libérer dans l'industrie française.

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