La SNCF constate un « redressement encore lent et fragile de ses activités »

Après une année 2009 catastrophique, marquée par une perte nette proche de un milliard d'euros, la reprise est lente à se dessiner pour la SNCF. « Le redressement de notre activité est encore lent et fragile », a indiqué mercredi Guillaume Pepy, le président de l'opérateur ferroviaire, devant la Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire à l'Assemblée nationale. À défaut d'une reprise nette, il constate néanmoins « des signes positifs, encourageants de reprise ». Depuis le début de l'année, ce sont les services de proximité (TER, Transilien) qui « tirent aujourd'hui la SNCF » en affichant la meilleure performance. Leur trafic progresse de 3 %, quand celui du TGV reste stable avec un modeste « 0 + » et que la reprise dans le fret n'est pas jugée « franche ». En revanche, Guillaume Pépy se veut plus optimiste pour la fin de l'année en tablant sur une reprise plus franche au deuxième semestre, à condition qu'il n'y ait pas un nouveau choc financier. Ce qui devrait se retrouver dans les chiffres de la SNCF. « Nous avons prévu une amélioration sensible de notre résultat », a déclaré Guillaume Pepy, sans préciser s'il parlait du résultat net ou de l'opérationnel courant. L'an dernier, le premier affichait une perte proche de 980 millions d'euros en raison de la dévalorisation des actifs d'un milliard d'euros, tandis que le second était positif de 145 millions. La SNCF maintient ses gros investissements : 2,2 milliards d'euros sont prévus en 2010, dont 60 % pour l'achat ou la rénovation de trains.Faiblesse des traficsLa crise qui se matérialise par une faiblesse des trafics (notamment pour ce qui concerne les voyageurs professionnels) a remis en question le modèle économique de l'entreprise qui s'était consolidé depuis une dizaine d'années : celui d'une activité TGV pesant 6 milliards de chiffre affaires qui finançait l'ensemble de l'entreprise dont le chiffre d'affaires est quatre fois plus important. Or, alors qu'il augmentait de 4 % à 5 % par an jusqu'en 2009, le trafic TGV ne croît plus aujourd'hui. Et les coûts augmentent à cause de la hausse « substantielle » des prix des péages versés à Réseau Ferré de France (RFF) pour financer, entre autres, la rénovation du réseau classique. Ce tarissement de la vache à lait a mis en évidence les pertes chroniques du transport de marchandises dont la réforme débute à peine avec la mise en place d'opérateurs de proximité chargés de collecter le fret de détail.

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