Nouveau départ d'un Premier ministre au Japon

Les vieux démons de la politique japonaise ont eu raison de Yukio Hatoyama. Le Premier ministre du Japon a rendu publique mercredi sa démission après moins de 9 mois d'exercice du pouvoir. Élu au terme d'élections historiques en septembre qui virent, pour la première fois de l'histoire du pays, la victoire de l'alternance, Yukio Hatoyama laisse en partant un peuple encore plus désemparé que lorsqu'il est arrivé aux affaires. « Après un tel spectacle, je me demande si les jeunes continueront de voter ! » s'inquiète le politologue Takao Toshikawa. Yukio Hatoyama est le 4e Premier ministre qu'a usé l'archipel depuis 2007.L'espoir était grand lorsque Yukio Hatoyama est arrivé au pouvoir. Sa formation, le Parti démocrate du Japon (PDJ), promettait le changement après 55 ans de règne ininterrompu du Parti libéral démocrate. «  C'était un peu comme avec Obama : c'était le changement en lequel on croit. » Le PDJ n'avait jamais accédé aux responsabilités, par conséquent il n'était responsable en rien de la déconfiture du pays depuis 1990 », analyse Gregory Noble, politologue et professeur à l'université de Tokyo. Le PDJ jurait de réorienter la manne publique « du batiment vers le peuple ». Il promettait l'instruction gratuite pour tous. Il s'engageait à en finir avec les diktats de l'administration en rétablissant la dignité de la politique. Mais Yukio Hatoyama n'est pas un personnage historique. Issu d'une longue lignée politique, il est l'héritier sans personnalité typique, entré en politique sans l'avoir choisi. « Lorsqu'il était président du PDJ, il passait son temps suspendu au téléphone avec sa femme. Le pouvoir ne l'intéresse pas vraiment, en réalit頻, raconte un de ses proches. Certes, le gouvernement peut se targuer de quelques avancées spectaculaires. En particulier, il a réussi à faire voter la gratuité de l'enseignement secondaire, et a mis en place des allocations familiales. Mais il ne s'est attaqué à aucun problème de fond. la panne démographique ? La dette publique colossale ? Le vieillissement ? L'obsolescence de l'outil industriel ? On cherche en vain les réponses. Rattrapé par un scandale de financement politique, contraint de revenir sur les promesses clé de son programme électoral (notamment le départ des troupes américaines de l'île d'Okinawa), Yukio Hatoyama est devenu un politicien ordinaire pour l'opinion publique. chaos politiqueLe Japon n'est pas sorti de son chaos politique. Au contraire. Dans quelques jours, le PDJ votera pour un nouveau président de parti, donc un nouveau Premier ministre. Ce pourrait être Naoto Kan, ministre des Finances populaire et compétent, qui tient aux Japonais un langage de rigueur. Mais il héritera d'une majorité fracturée, et ne peut changer à lui tout seul un système politique ultra-parlementaire qui plombe toute ambition de réforme. Le 11 juillet ont lieu des élections sénatoriales partielles qui plongeront un peu plus encore le pays dans le désarroi. 56  sièges du PDJ sont en jeu : au vu des sondages actuels, il pourrait en perdre la moitié, le forçant à former un gouvernement de coalition encore plus large que l'actuel, qui était déjà en proie à de terribles dissenssions.

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