Un renouvellement du modèle économique en suspens

« L'économie n'était pas vraiment sa priorité, mais on ne peut pas dire que son bilan soit négatif. » Pour Atsushi Nakajima, l'économiste en chef de Mizuho Research Institute à Tokyo, le Premier ministre Yukio Hatoyama laisse derrière lui une économie à peu près inchangée. Les exportations restent le moteur essentiel de la croissance. Leur vigueur, pour moitié due au dynamisme des marchés asiatiques voisins, s'est encore confirmée en avril avec une hausse des exportations nippones de 40 %. Au premier trimestre, le PIB a bondi de 4,9 % en rythme annuel. Mais le rééquilibrage de l'économie vers un modèle davantage fondé sur la demande intérieure reste pour l'essentiel à l'état de promesse.Lors des élections générales d'août 2009 qui ont porté au pouvoir Yukio Hatoyama, le programme du Parti démocrate du Japon (PDJ) avait pourtant créé une attente. « Investir dans les gens plus que dans le béton », disait le slogan de campagne, laissant espérer que le nouveau pouvoir romprait avec les politiques basiques de soutien à l'activité et le clientélisme qui avaient été l'apanage du Parti libéral démocrate (PLD). Mais hormis quelques mesures (allocations familiales, aides pour les frais de scolarité, soutien à l'achat de produits électro ménagers ou de voitures « vertes » ...), le changement de modèle économique ne s'est pas conrétisé. Le temps a manqué bien sûr, mais aussi les ressources. Le pays est confronté à une dette représentant presque le double de son Pib, et son déficit budgétaire dépasse ? 8 %. Et le budget prévu par le gouvernement reposait pour près de la moitié sur de nouvelles émissions d'obligations. « stratégie de croissance » Confronté à des défis structurels colossaux - vieillissement et diminution de la population -, « le Japon a besoin que soit mise en oeuvre une stratégie de long terme, estime Atsushi Nakajima, ce qui n'est pas compatible avec le changement fréquent de premier ministre. » L'économiste attend beaucoup de « la nouvelle stratégie de croissance » qu'a concocté le ministère des finances pour améliorer le potentiel de croissance de l'archipel et réduire le déficit budgétaire. « Il faut faire émerger la nouvelle industrie verte, resserrer les relations avec le reste de l'Asie, diminuer l'impôt sur le bénéfice des sociétés », préconise Atsushi Nakajima. C'est à ces conditions que l'archipel parviendra aussi à éradiquer la déflation qui plombe son économie de façon récurrente depuis plusieurs années. Laurent Chemineau

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