Des ex-Moody's dénoncent la cupidité des agences de notation

Intimidations exercées sur les employés, rémunérations liées aux contrats remportés, notations erronées. Les témoignages d'anciens cadres dirigeants de Moody's devant la Commission d'enquête du Capitole sur les origines de la crise financière (FCIC) sont accablants. Mercredi, cette commission s'était fixée pour objectif de mieux comprendre le comportement des agences de notation dans les mois et les années ayant précédé l'éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis. Pour Phil Angelides, le président de la commission d'enquête, Moody's était alors devenue ni plus ni moins qu'une «  usine à accorder des triple A », la note la plus élevée décernée par les trois acteurs que sont Moody's, Standard & Poor's et Fitch Ratings. Selon la FCIC, des représentants de ces deux dernières agences n'ont pas été invités car le témoignage de dirigeants de Moody's paraissait suffisant pour évaluer les errements éthiques du secteur. Le porte-parole de la FCIC assure que le fait que le gendarme boursier, la SEC, a annoncé sont intention de poursuivre Moody's en justice n'a pas été déterminant dans la choix des parlementaires d'entendre certains de ses salariés. Ils n'ont pas été déçus ! critiqué vertement« Moody's n'est certainement pas satisfaite de la performance de ses notes », a déclaré son directeur général Raymond McDaniel. « La fiabilité de nos notes pour les titres adossés à des crédits immobiliers aux Etats-Unis ou aux titres de dette complexes (CDO) liés à eux ces dernières années a été profondément décevante », a-t-il affirmé, défendant toutefois le modèle économique des agences de notation. Lors de l'audition de mercredi, McDaniel a trouvé un puissant allié en la personne du milliardaire Warren Buffett, dont la société d'investissement Berkshire Hathaway a acquis une participation de 20 % dans Moody's avant de la ramener récemment à 13,1 %. « Il s'agit de la bulle la plus importante que j'ai jamais vécue », a expliqué le milliardaire, en référence à la multiplication des crédits hypothécaires à travers les Etats-Unis, assurant que la plupart des investisseurs étaient persuadés que les prix de l'immobilier ne chuteraient pas. « Freddie Mac et Fannie Mae le croyaient, le Congrès le croyait, les médias le croyaient et moi aussi ! », a martelé Buffett. Des ex-Moody's ont en revanche vertement critiqué leur ancienne direction. « Fondamentalement, ils ont eu recours à l'intimidation pour créer une population docile d'analystes effrayés à l'idée de contrarier des banquiers d'investissement et prêts à coopérer le plus possible », a expliqué Mark Froeba, ancien vice-président de Moody's chargé des produits dérivés, qui a quitté l'agence en 2007. nbloomberg« Il s'agit de la bulle la plus importante que j'ai jamais vécue » a déclaré Warren Buffett, actionnaire de Moody's. Fondamentalement, ils ont eu recours à l'intimidation pour créer une population docile d'analystes effrayés »

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