Des interventions du troisième type pour soutenir l'euro

On connaissait les interventions directes, concertées ou non, voilées ou au grand jour, des grandes banques centrales sur le marché des changes pour soutenir ou affaiblir une monnaie. On connaissait les interventions verbales des mêmes protagonistes pour tenter d'infléchir la psychologie des opérateurs, par des menaces d'incursion dans le marché. Voici venu le temps des interventions verbales « émergentes ». Mercredi, ce n'est pas pour freiner la hausse de leur propre monnaie que cinq instituts d'émission des principaux pays émergents ont fait savoir qu'ils n'avaient pas l'intention de réduire la part de la monnaie unique européenne dans leurs réserves en dépit de son récent affaiblissement, consécutif à la crise de la dette publique des maillons faibles de la zone euro. L'objectif recherché n'est autre qu'un soutien direct à l'euro. C'est l'agence Reuters qui a recueilli les témoignages des responsables russes, indiens, sud-coréens et brésiliens, qui détiennent à eux seuls près du tiers des 8.090 milliards de dollars de réserves de changes internationales comptabilisées à fin 2009. Le Japon a joint sa voix au concert en tant que représentant des pays industrialisés. Son trésor de guerre, le deuxième plus important du monde derrière les 2.447 milliards de dollars de réserves détenues par la Chine, s'élève à 1.049 milliards.Aucune alternativeTous font le même diagnostic, comme l'avait fait la Chine la semaine dernière après une information du « Financial Times » qu'elle avait énergiquement démentie laissant entendre que Pékin avait commencé à réduire son exposition en euros : même si l'euro, ou le dollar en des temps pas si lointains, connaissent des difficultés, il n'existe aucune alternative à court terme à la liquidité de ces deux monnaies. Selon les dernières statistiques du FMI, la part de l'euro dans les réserves de change s'élevait fin 2009 à 27,4 % et celle du dollar à 62,1 % (hors Chine), le yen, la livre et le franc suisse se partageant les miettes restantes.Du coup, après avoir touché un nouveau point bas de quatre ans face au dollar mardi à 1,2110, l'euro a retrouvé des couleurs hier, se maintenant au dessus de 1,22. Les acteurs du marché des changes, activement vendeurs d'euros depuis le début de l'année, pourraient tempérer leurs ardeurs au cours des prochains jours. Les prises de positions des principaux pays émergents suggèrent que la réunion des ministres des finances et des banquiers centraux du groupe des vingt plus importantes économies mondiales - le G20 - en Corée du sud les 4 et 5 juin prochains devrait donner lieu à un message visant à rassurer les marchés, du type de ce qui faisait jadis l'originalité du G7. n

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