Stress tests, remède miracle pour marchés stressés ?
La Tribune
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La publication des « stress tests » apportera-t-elle aux marchés la sérénité dont ils manquent si cruellement depuis plusieurs semaines ? Avec la crise des finances publiques européennes, nombreux sont ceux qui recommencent à douter de la solidité des banques. « Cette seconde partie de la crise est potentiellement plus dangereuse que la première, puisque les actifs problématiques sont aujourd'hui les dettes publiques, qui représentent environ 5 % des bilans bancaires », estiment Charles Dautresme et Raphaël Gallardo.Bon grain et ivraieL'opacité qui entoure cette exposition a conduit à une nouvelle paralysie du marché interbancaire. Dans ces conditions, seule la publication des résultats des tests de résistance menés sur les banques européennes permettrait de séparer le bon grain de l'ivraie. De tels tests existent depuis longtemps en Europe, mais jusque là leurs conclusions (mesurant l'état de santé des banques en cas de scénario économique dégradé) étaient tenues secrètes, ou au mieux publiées de façon très agrégée (par pays). C'est sous la pression des marchés, que la Banque d'Espagne a annoncé le 16 juin son intention de publier les résultats des tests menés sur les banques locales. Convaincus de la nécessité d'une vaste "opération transparence" à l'échelle européenne, l'ensemble des dirigeants des pays de l'UE lui ont emboîté le pas le lendemain. Le sujet sera au menu de la réunion des ministres des finances des 27, les 12 et 13 juillet prochains à Bruxelles. La date de leur publication - en principe avant fin juillet- sera alors fixée.Dette grecque Pour autant, rien ne garantit le succès de l'opération. Jeudi, le responsable de la supervision bancaire de la Bundesbank a reconnu que les stress tests ne pourraient être publiés qu'avec l'accord des banques concernées. " Les stress tests ne résoudront pas tout car il y a de fortes chances pour qu'ils ne tiennent pas compte des hypothèses de restructuration de la dette grecque ", estime par ailleurs Jean-Louis Mullenbach, associé dirigeant du cabinet Bellot Mullenbach & Associé. " Les banques centrales n'ont pas harmonisé leurs hypothèses : chacune d'entre elles sera tentée de minimiser les problèmes de ses banques nationales ", prévient-il. Besoin d'argent fraisA dix jours de la réunion de Bruxelles, la perspective de la publication des tests de résistance fait plutôt monter la pression. Depuis le 17 juin, l'indice Dow Jones des valeurs bancaires a perdu 6,5 %. Les rumeurs vont bon train. Parmi la centaine de banques passées au crible, Deutsche Bank, Commerzbank et BayernLB auraient passé l'examen avec succès. En revanche, les banques régionales allemandes (Landesbanken) et les caisses espagnoles (cajas) seraient en position particulièrement délicate. Le " Financial Times " estime à 30 milliards d'euros les besoins de recapitalisation qui pourraient émaner d'une vingtaine de banques suite aux stress tests. En Italie, Banca Monte dei Paschi di Siena et Banca Popolare di Milano ont dû démentir avoir besoin d'argent frais.
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