Le fonds 3i boude les sociétés de biotechnologies

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tÉÀ l'heure où les biotechs sont considérées comme un relais de croissance de l'industrie pharmaceutique, certains restent insensibles à leurs charmes. Le britannique 3i, qui investit environ 10 % de ses fonds dans des entreprises de santé (1,8 milliard d'euros au total sur dix ans), est l'un d'eux. « Gérer un portefeuille de projets multiples, le plus souvent en phase de développement, est trop complexe », indique le responsable santé monde chez 3i, Alan MacKay. Il préfère « laisser les biotechs aux capital-risqueurs ». « Nous privilégions les laboratoires, les dispositifs médicaux ou les sociétés de services », ajoute-t-il. « Il s'agit de cibler les activités qui améliorent la qualité de la santé tout en réduisant son coût », résume le responsable santé Europe, Denis Ribon. 3i détient ainsi une participation majoritaire dans l'américain Quintiles, qui revendique la place de numéro un mondial des essais cliniques externalisés. Une activité en forte croissance en raison de la chasse aux coûts entamée par les groupes pharmaceutiques.secteur défensifEn France, 3i, qui opère par le biais du capital-développement (participation sur fonds propres dans des sociétés de taille moyenne), étudie « en permanence cinq à dix dossiers » dans la santé. Avec la crise et l'engouement des investisseurs pour ce secteur défensif, les critères ont évolué : « Certains dossiers, trop chers, ne nous intéressent plus, comme les cliniques en région parisienne ou sur la Côte d'Azur », détaille le directeur général France de 3i, Bruno Deschamps. En moyenne, note-t-il, les investissements dans des labos ou des dispositifs médicaux se font sur une base de 10 fois l'excédent brut d'exploitation (Ebe) contre seulement 6 à 8 fois pour les services de santé. De quoi expliquer le profil des deux participations françaises de 3i : Labco, chaîne européenne de laboratoires d'analyses dont il détient 20 % (pour un investissement de 140 millions d'euros), et Carso, qui réalise des analyses pour les industriels.3i vient, en revanche, de se désengager de Care, groupe de médecine à domicile dont il détenait 30 %. « La sortie s'est faite sur un multiple d'Ebe élevé [10 à 20 fois] », indique 3i. En cinq ans, le fonds a investi 500 millions dans des sociétés françaises de santé. AUDREY TONNELIER« cibler les activités qui améliorent la qualité de la santé tout en réduisant son coût. »

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