Pétrole sans prime de risque

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chronique sur le vifLe marché pétrolier ne s'émeut pas du regain des tensions, pour le moment diplomatiques, sur le dossier du nucléaire iranien. Le prix du baril a évolué autour des 70 dollars cette semaine à New York. Après la découverte d'un nouveau site près de la ville de Qom (Iran) soupçonné d'abriter une unité d'enrichissement d'uranium à des fins militaires, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France avaient haussé le ton, menaçant le pays de sanctions, dont un embargo, si Téhéran ne se montrait pas davantage coopératif. Comme à son habitude, le président Mahmoud Ahmadinejad a soufflé le chaud et le froid. Si l'Iran a procédé cette semaine à des essais de lancement de missiles à longue portée qui se sont révélés probants, il a accepté parallèlement que le site nucléaire de Qom soit contrôlé par des inspecteurs de l' 'agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Il s'est dit prêt à faire traiter son uranium par une partie tierce, la Russie par exemple, et a accepté de négocier avec les grandes puissances à Genève. Malgré cela, les traders restent de marbre. Pourtant l'Iran est une pièce maîtresse de l'échiquier pétrolier. Quatrième producteur mondial avec 4,5 millions de baril par jour (mbj), c'est le troisième exportateur mondial derrière la Russie et l'Arabie Saoudite, avec 2,5 mbj. Mais avec plus de 60 % de ses exportations allant vers l'Asie (Japon, Chine, Inde, Corée du Sud), il peut compter sur la Chine, membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Surtout, c'est la situation économique même de l'Iran qui réduit la portée des envolées d'un Mahmoud Ahmadinejad dont l'élection a été massivement contestée. Le budget de l'État, et donc la paix sociale, dépend essentiellement du pétrole. La consommation intérieure ne cesse de progresser (2 mbj), contraignant Téhéran à importer 40 % de son essence en raison de capacités de raffinage limitées par manque d'investissement, et à consacrer 11 % de son PIB pour subventionner cette consommation locale. Le pétrole est donc un sujet social explosif. Tout le monde a intérêt à ce que l'Iran continue à produire et à vendre du pétrole. Surtout Mahmoud Ahmadinejad. nTout le monde a intérêt à ce que l'Iran continue à produire et à vendre du pétrole. Par Robert Jules, journaliste à « La Tribune »

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