Négociations sur le programme de la coalition allemande
La Tribune
La Tribune
Une semaine après leur victoire aux élections fédérales allemandes, les conservateurs de la CDU d'Angela Merkel, ainsi que la CSU bavaroise et les libéraux du FDP, entameront lundi des négociations en vue de la finalisation d'un « contrat de coalition ». Dix groupes de travail élaboreront ce document qui sera la feuille de route du futur gouvernement et qui devrait être signé avant le 27 octobre. Les discussions s'annoncent certes moins tendues que celles de 2005, lors de la constitution de la grande coalition, puisque les trois partenaires souhaitaient gouverner ensemble. Mais plusieurs points de friction subsistent, alimentés par les différences traditionnelles entre les deux composantes de la coalition, mais aussi par la surenchère électorale du FDP et son excellent score de dimanche dernier. Pour les libéraux, ces négociations seront le premier test de son futur poids dans le gouvernement. Les baisses d'impôts. Le FDP veut réduire la charge fiscale de 35 milliards d'euros dans le cadre d'une vaste réforme. Peu raisonnable dans la situation budgétaire actuelle pour la CDU et la CSU qui proposent des baisses de 15 milliards d'euros dans les quatre prochaines années. Les conservateurs veulent notamment modifier la progressivité de l'impôt sur le revenu afin que les augmentations de salaires ne soient pas « avalées » par un changement de tranche fiscale. Mais CDU et CSU ne s'accordent pas sur le calendrier. Les Bavarois réclament des baisses dès 2011, la CDU préfère ne pas s'engager. Le droit du travail. Les libéraux veulent, comme les milieux patronaux, un assouplissement des conditions de licenciement, mais aussi la disparition des salaires minimum instaurés dans certaines branches par la grande coalition. Angela Merkel préfère ne toucher à rien. Opposée à un salaire minimum unique et généralisé, elle ne veut pourtant pas revenir sur ceux déjà en place et souhaite s'appuyer sur une bonne entente entre patronat et syndicats. La protection sociale. Pendant la campagne, le FDP avait réclamé la disparition du très bureaucratique « fonds de sant頻 créé par la grande coalition et qui centralise et unifie au niveau fédéral les cotisations. La CDU refuse sa suppression, mais accepterait de laisser plus d'autonomie aux caisses d'assurance santé et de faciliter l'accès aux assurances privées. La sécurité intérieure. Le FDP voit d'un ?il très critique les lois de la grande coalition sur la lutte contre le terrorisme, l'emploi des services secrets et sur la surveillance d'Internet défendues par les conservateurs. n
La Tribune