La santé de Poutine devient source d'inquiétude et d'incidents diplomatiques

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Les Russes reçoivent des nouvelles de leur indéboulonnable président depuis l’étranger. Comme à l’époque soviétique, quand les premiers secrétaires septuagénaires pétaient toujours la forme jusqu’à leur mort subite, pour des raisons jamais communiquées. C’est d’abord le dictateur biélorusse, un allié assez imprévisible de Moscou, qui a vendu la mèche mardi. Désolé de ne pas pouvoir jouer au hockey sur glace avec son homologue russe, Alexandre Loukachenko lâchait candidement à un journaliste de Reuters que Poutine « adore le judo. Il a soulevé un type, l’a jeté à terre et s’est tordu la colonne vertébrale ». Le Kremlin a refusé de commenter cette information.Vladimir Poutine, 60 ans, a cessé de se déplacer depuis le 5 octobre.Et voilà le premier ministre japonais Yoshihiko Noda qui en rajoute une couche vendredi matin, en mentionnant « la mauvaise santé de Poutine » comme cause du report de son voyage à Moscou prévu initialement en décembre. Les liens diplomatiques avec le Japon – pays avec lequel la Russie n’a jamais signé de traité de paix depuis la fin de la seconde guerre mondiale – ne sont pas des plus chaleureux. D’où la réponse brusque du porte-parole Dmitri Peskov : « Quand il [Noda] a fait cette déclaration, il ne disposait visiblement pas d’informations valables ». Le porte-parole du président indique que la visite de Nora à Moscou est désormais prévue pour janvier. « [Poutine] travaille comme avant, et prévoit de travailler au même rythme », ajoute Dmitri Peskov. Vladimir Poutine, 60 ans, a cessé de se déplacer depuis le 5 octobre, ce qui est très inhabituel au regard de ses habitudes passées. Pour dissiper les rumeurs, le Kremlin a confirmé le premier voyage de Poutine depuis deux mois. Le président russe se rendra lundi à Istanbul pour y rencontrer son homologue turc, avec lequel les relations se sont détériorées à cause des positions opposées des deux pays sur le dossier syrien.Goût pathologique du secret, hantise d’avouer ses faiblesses ? Les rumeurs sur la santé de Vladimir Poutine, dont la force physique fait partie intégrante de son image, ont surgi début septembre après qu’il ait été aperçu boitant et grimaçant lors d’un sommet à Vladivostok. Peu après, des sources anonymes au Kremlin, citées par la presse russe, ont évoqué un « problème de dos » et les conseils de médecins enjoignant le président de ne pas prendre l’avion. Mais la communication du Kremlin a pendant plusieurs semaines démenti tout problème de santé et avançait des prétextes aussi variés que peu crédibles pour justifier sa quasi disparition de la sphère publique. Avant de lâcher un peu de lest début novembre, en parlant de « blessure sportive sans gravité », histoire de gommer l’âge comme cause du problème au profit du sport. Goût pathologique du secret, hantise d’avouer ses faiblesses ? « Qu’un homme de 60 ans ait des soucis de santé ne surprend personne » juge un diplomate européen en poste à Moscou. « Mais la volonté obtue de dissimulation signale que bien peu de choses ont changé depuis l’époque [du dirigeant soviétique Leonid] Brejnev. C’est cela qui surprend et inquiète ».La fuite des capitaux atteint un rythme de 80 milliards de dollars par an  Conséquence, la santé du président russe est devenue de loin le thème favori des discussions à propos de l’élite russe et l’inspiration d’innombrables plaisanteries. Ce qui fait moins rire, c’est la confiance en baisse des investisseurs envers un Kremlin toujours plus opaque. La fuite des capitaux atteint un rythme de 80 milliards de dollars par an et le premier ministre, Dmitri Medvedev ,a admis mercredi que « nous n’avons pas encore réussi à améliorer le climat d’investissement ». Un homme d’affaires français habituelement favorable au Kremlin résume l’inquiétude de la communauté d’affaires : « Poutine se présente comme le seul garant de la stabilité en Russie, mais il ne veut pas se départir de cette habitude KGBiste consistant à cacher au maximum son jeu. On a aucune idée de ce qui va se passer si sa santé ne lui permet plus de diriger le pays ». 

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