Les Israéliens vont voter, l'austérité budgétaire va gagner

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Les Israéliens se préparent à leur tour à être confrontés à un \"mur budgétaire\". Le verdict tombera immédiatement après les élections législatives du 22 janvier. Quelque soient les résultats du scrutin, le prochain gouvernement va devoir procéder d\'urgence à des coupes budgétaires de 3 milliards d\'Euros. L\'objectif est de ramener coûte que coûte le déficit public sous la barre des 3% du PIB  alors qu\'il a tendance ces derniers mois à tutoyer les 4%. Campagne électorale oblige: Youval Steinitz, le ministre des Finances, un proche de Benjamin Netanyahu, le chef de la file de la droite donné favori par les sondages, assure que le gouvernement a déjà imposé \"suffisamment d\'impots\", tout en restant dans le vague sur de futures coupes dans les budgets sociaux. Benjamin Netanyahu, un libéral convaincu, prêche pour sa part depuis des années en faveur de la baisse de la fiscalité pour les entreprises et les ménages, pour relancer le moteur de la croissance.Pour la Banque d\'Israël, il faudra augmenter les impôtsStanley Fischer, le gouverneur de la Banque d\'Israël, a toutefois rappelé à l\'ordre tous les politiciens. Cet ancien haut responsable du FMI, très écouté par les Israéliens, a prévenu que le prochain gouvernement n\'aura pas d\'autre choix que d\'allourdir la fiscalité \"le plus vite possible\". Le gouverneur redoute en effet que l\'économie israélienne, sortie indemne de la crise des subprimes en 2008 et de la récession mondiale actuelle, connaisse une baisse de régime qui se solderait pas une diminution des recettes fiscales et un déficit incontrôlé. Israël a connu ces dernières années une forte croissance économique (+4,6% en 2011) que les pays de l\'OCDE peuvent lui envier. Mais l\'heure est au ralentissement comme l\'a confirmé le taux de croissance en 2012 qui s\'est affiché à + 3,3%, la moins bonne performance depuis trois ans.La réduction de l\'important budget de la Défense a échoué D\'ores et déjà, Benjamin Netanyahu a déjà dû remettre en cause son credo, après avoir échoué à réduire le train de vie de l\'Etat, notamment le sacro-saint budget de la Défense qui absorbe à lui seul 6,5% de la richesse nationale. L\'impôt sur le revenu a ainsi augmenté de 1% pour les revenus des classes moyennes. Une \"surtaxe\" de 2% est également imposée depuis le 1er janvier pour les ménages gagnant plus de 8.400 euros par mois à quoi s\'ajoutent la majoration des impôts locaux ainsi que celle des tarifs de l\'eau et de l\'électricité. Le taux de TVA est également passé de 16% à 17%. Mais ce train de mesures ne constitue de l\'avis de tous les experts qu\'un simple hors d\'oeuvre.Eviter un scénario catastrophe \"à l\'espagnole\"Bref, les lendemains d\'élections risquent d\'être particulièrement amers. Malgré tout, les partis d\'opposition, notamment les travaillistes, ne parviennent pas à présenter une alternative économique crédible leur permettant de surfer sur la grogne des classes moyennes qui s\'était traduite durant l\'été 2011 par le plus imposant mouvement de contestation sociale de l\'histoire du pays avec des centaines de milliers de manifestants dans les rues. Une impuissance qui permet à la majorité actuelle de continuer à se présenter comme le meilleur garant contre le risque d\'un scénario catastrophe \"à l\'espagnole\" pour Israël. 

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