Un mot du passé, les PIGS

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En 2010, on les appelait dédaigneusement les PIGS. En 2013, le déplaisant acronyme a disparu des médias. Il faut dire que ces « cochons » là ont été rejoints depuis par la plupart des autres « cochons » de la zone euro, dont certains, par exemple la France, les Pays-Bas ou encore l\'Autriche, connaissent une passe difficile, c\'est-à-dire contraints d\'adopter des mesures d\'austérité qui n\'étaient bonnes jusqu\'alors que pour « les pays du soleil ».L\'austérité imposée au Portugal, en Grèce, en Italie (et en Irlande), et en Espagne ne fait plus la une des médias. Pourtant, ceux qui la vivent, pris dans leurs difficultés quotidiennes, attendent que se manifestent certains signes laissant espérer une amélioration de la situation dans leurs pays.Si le bout du tunnel est encore loin, l\'annonce d\'un reflux du chômage en Espagne est plutôt une bonne nouvelle. Par rapport à novembre, le taux a baissé de 1,2% en décembre, soit quelque 60.000 chômeurs de moins. Si une hirondelle ne fait pas le printemps, il n\'en reste pas moins que stopper cette inexorable montée dépressive du nombre de sans-travail est plutôt réconfortant, d\'autant que l\'Espagne détient le triste record du plus haut taux en la matière en Europe, avec quelque 25%. Le gouvernement de Mariano Rajoy s\'est d\'ailleurs montré très prudent sur l\'interprétation de ce chiffre, attendant une confirmation de la tendance d\'ici quelques semaines. En effet, comparé à décembre 2011, ce taux a augmenté de 9,6%.En Grèce, la polémique sur l\'évasion fiscale qui devrait passer de la scène médiatique à la scène judiciaire, révèle un véritable scandale où la fraude entre en collusion avec les agissements de certains leaders politiques grecs. Rappelons les faits. En 2010, Christine Lagarde, alors ministre de l\'Economie, remet à son homologue grec d\'alors, George Papaconstantinou, une liste de ressortissants grecs, issue d\'un fichier de la banque HSBC, détenant un compte en Suisse. Cette liste, rendue publique par un journaliste grec en octobre dernier, semble avoir été expurgée de certains noms dont la cousine du ministre. C\'est là où le bât blesse. Dans un pays où la priorité est de réduire le déficit public, le recouvrement des impôts reste pratiquement au point mort, nourissant les soupçons de mauvaise volonté. C\'est très grave pour les finances du pays. Bruxelles estime ainsi qu\'en 2012, l\'équivalent de 53 milliards d\'euros de taxes ne sont pas allés dans les caisses de l\'Etat. Si cette affaire donne lieu à une opération « Mains propres », les Grecs pourraient espérer que l\'impunité qui a été longtemps la norme dans la gestion des comptes publics par des responsables politiques corrompus est finie.Quant au Portugal, c\'est le président de la république lui-même, Anibal Cavaco Silva, qui a saisi la Cour constitutionnelle du pays, pour examiner certaines mesures contenues dans le budget 2013, qui prévoient notamment de supprimer des primes versées aux fonctionnaires et aux retraités, ainsi que la sollicitation financière exceptionnelle des retraités. Cette démarche se fait au nom de l\'équité, le président souhaite en effet s\'assurer que les efforts de redressement des comptes publics sont équitablement répartis.Si le fardeau de la crise va peser encore longtemps sur les épaules des citoyens de ces pays, la baisse d\'un indicateur aussi important que le chômage et la fin d\'un traitement de faveur ou discriminant pour certains citoyens va plutôt dans le sens d\'un renforcement de l\'Etat de droit ! C\'est de bon augure pour 2013. 

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