Défense : l'Iran dévoile un nouvel avion de combat moderne, le Qaher-313

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Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a dévoilé samedi un nouvel avion de combat présenté comme \"l\'un des plus avancés du monde\", à l\'occasion des cérémonies marquant le 34e anniversaire de la révolution islamique de 1979. Cet appareil aux formes futuristes, baptisé \"Qaher-313\" (\"Conquérant 313\"), a été \"conçu et réalisé par les ingénieurs iraniens\" et \"figure parmi les avions de combat les plus avancés du monde\", a affirmé Mahmoud Ahmadinejad cité par les médias iraniens lors de cette inauguration. Il a ajouté que l\'appareil avait déjà volé \"des milliers d\'heures\" et que ses pilotes étaient \"très satisfaits de ses performances\".Un avion de combat furtif ?Le nouvel appareil au design furtif, montré par la télévision sur un plateau dans un hangar, bénéficie notamment d\'une \"signature radar très faible, est construit avec des matériaux modernes et est doté d\'une avionique avancée\", selon le ministre de la Défense, Ahmad Vahidi, cité par les médias. Il est également capable d\'atterrir sur des pistes courtes, et \"peut être réparé facilement et rapidement\", a affirmé le ministre en ajoutant qu\'il avait été conçu pour \"répondre à tous les besoins de l\'aviation iranienne dans une guerre aérienne\". Le \"Qaher-313\" est \"un projet défensif\", a affirmé Mahmoud Ahmadinejad en soulignant que \"la puissance militaire iranienne n\'a pas pour objectif d\'agresser et dominer d\'autres pays mais est purement dissuasive\".Que vaut en terme de performances ce nouvel appareil ?La République islamique utilise régulièrement l\'anniversaire de la révolution pour faire des annonces scientifiques et militaires spectaculaires, surtout depuis qu\'elle est soumise à un embargo économique et technologique international sévère en représailles à son programme nucléaire controversé. L\'Iran a déjà construit localement depuis 2007 un avion de combat, le Saeqeh, dont il possèderait une vingtaine d\'exemplaires en service. Mais, selon des experts occidentaux, cet appareil, équipé de moteurs russes et d\'une avionique incertaine, est pour l\'essentiel une copie du F-5 américain datant du début des années 1970, dont l\'aviation du Shah avait été équipée. L\'armée de l\'air iranienne, qui dispose de quelques centaines d\'appareils de combat américains, russes ou chinois de conception ancienne, est généralement considérée par des experts militaires occidentaux comme obsolète et avec une faible capacité opérationnelle.Un singe dans l\'espaceEnvoi d\'un singe dans l\'espace, capacité accrue d\'enrichissement d\'uranium, avion de combat futuriste, projets de satellites. L\'Iran a multiplié les annonces fracassantes, malgré les sanctions et avant la reprise envisagée des négociations sur son programme nucléaire controversé. Ces démonstrations de puissance se sont intensifiées ces dernières années, Téhéran s\'acharnant à prouver que l\'embargo technologique, militaire et économique sévère de la communauté internationale contre la République islamique est sans effet. Le 28 janvier, l\'Iran a affirmé avoir envoyé un singe dans l\'espace pour un vol suborbital à 120 km d\'altitude, après avoir annoncé quelques jours plus tôt à l\'Agence internationale de l\'énergie atomique (AIEA) l\'installation de nouvelles centrifugeuses plus performantes pour enrichir l\'uranium.Ces deux annonces ont fait figure de défi, l\'Iran étant sous le coup de six résolutions du Conseil de sécurité de l\'ONU, dont quatre assorties de sanctions, lui enjoignant de cesser l\'enrichissement d\'uranium et le développement de son programme balistique. La communauté internationale redoute que Téhéran, malgré ses dénégations véhémentes, ne cherche à se doter de l\'arme atomique et de missiles capables de la délivrer, sous couvert de programmes nucléaire et spatial civils. Israël, qui s\'est doté de l\'arme nucléaire, et les Occidentaux ont condamné ce que Washington a qualifié de \"provocation\" et de \"nouvelle escalade\" dans les \"violations continuelles\" par Téhéran de ses obligations internationales.Le nucléaire iranien, point de crispations des OccidentauxL\'AIEA a demandé de son côté plus d\'informations sur ces centrifugeuses, alors que l\'enrichissement massif d\'uranium par l\'Iran, susceptible de fournir à terme le matériau fissile d\'un bombe, est au coeur de son conflit avec la communauté internationale. Les annonces iraniennes sont intervenues alors que Téhéran et les grandes puissances réunies au sein du groupe \"5+1\" (Etat-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne, plus l\'Allemagne) tentent péniblement de relancer leurs discussions pour sortir le dossier nucléaire iranien de plusieurs années d\'impasse, et éviter une issue militaire agitée périodiquement par Israël. La reprise des négociations, envisagée en janvier, est désormais espérée pour février, mais les deux parties peinent à se mettre d\'accord sur un lieu et une date.Washington a par ailleurs accueilli avec prudence l\'affirmation que Téhéran avait réussi à envoyer un singe dans l\'espace, indiquant ne pas avoir pu la confirmer. Mais si c\'est vrai, cela constitue également une nouvelle violation des résolutions de l\'ONU condamnant le programme balistique iranien, a noté le Département d\'Etat américain. L\'Iran, qui estime que son programme spatial, au même titre que ses activités nucléaires, est \"stratégique\" et non négociable, a déjà mis depuis 2009 trois petits satellites expérimentaux en orbite à l\'aide de fusées dérivées de missiles nord-coréens. Signe supplémentaire de sa détermination, Téhéran a annoncé cette semaine le lancement d\'un nouveau satellite d\'observation \"dans les prochains jours\" tandis que deux nouveaux projets devaient être dévoilés samedi par le président Ahmadinejad.

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