Ma passion, c'est l'engagement social

Voilà quatre ans que je m'occupe de la Fondation Culture & Diversité dont la vocation est d'aider des jeunes issus de l'éducation prioritaire à découvrir d'autres horizons à travers la culture. Ils sont 8.000 à avoir participé à nos différents programmes ; plus de 300 à avoir, grâce à notre soutien, passé les concours d'écoles supérieures prestigieuses. De certains, je me sens aujourd'hui la marraine. J'ai été fière de les voir intégrer l'école du Louvre, les Beaux-arts de Paris ou la Fémis, la plus renommée des écoles de cinéma. Je suis ravie de constater qu'une fondation financée par une entreprise privée - Fimalac - et son fondateur - Marc Ladreit de Lacharrière - puisse travailler en bonne intelligence avec l'Education nationale et des artistes - comme par exemple Jean-Michel Ribes et Gérard Garouste - engagés avec nous sur le long terme. Voyageuseà l'âge des élèves que nous suivons, j'ignorais ce que j'allais faire de ma vie. Grande voyageuse, j'étais très attirée par les pays en voie de développement. à 17 ans, le bac en poche, je suis partie au Népal avec pour seul bagage un sac à dos. Au fond de moi, j'avais envie de m'investir dans l'humanitaire, mais je ne connaissais personne dans ce secteur. J'ai donc décidé d'entrer à Dauphine. J'étais bonne élève mais quand j'ai vu mes camarades du magistère banque-finance-assurance boursicoter sur Internet pendant les pauses, je me suis dit que franchement je n'étais pas à ma place. Cela peut sembler curieux, mais jusqu'à ma nomination à la fondation, j'ignorais beaucoup de choses de Fimalac, l'entreprise créée et dirigée par mon père. Ni moi, ni mes frères et soeurs n'y avons jamais fait de stage. Mon grand frère travaille chez MSN, ma petite soeur fait sa thèse en sociologie et la cadette se dirige vers le milieu de la mode. J'ai réellement découvert l'univers de la finance à Dauphine et lors de mon premier stage chez Axa. Mes camarades me disaient : « Tu finiras chez Fimalac. » Je me disais que ça ne serait pas le cas. J'ai bifurqué vers l'Essec. Un stage chez L'Oréalcute;al a suffi à me persuader que j'étais encore moins faite pour vendre des rouges à lèvres. Huit années d'études pour prendre conscience qu'on a envie de s'engager dans le social et l'humanitaire, cela peut sembler long. Mais huit années d'études pour servir de façon professionnelle une pareille cause c'est très utile. Prendre la direction de la fondation créée par mon père a été une très grande chance professionnelle mais n'a pas été évident. J'étais en Inde. J'avais travaillé pour PlaNet Finance à Gurgaon, une mégalopole où l'on côtoie l'opulente bourgeoisie indienne et la misère la plus totale. J'allais rejoindre une autre ONG à Calcutta. Quand Véronique Morali, la numéro 2 de Fimalac, m'a demandé si j'accepterais de devenir la déléguée générale de la fondation, j'ai hésité. J'avais peur de ne pas être à la hauteur. Et puis je ne connaissais mon père que dans le cadre familial. L'homme qu'il est avec ses enfants, n'a bien sûr que peu à voir avec le Marc de Lacharrière chef d'entreprise. J'ai découvert un autre homme. Ni mieux, ni moins bien, mais vraiment différent. Depuis, j'ai appris à dire Marc de Lacharrière au lieu de « papa » dans ma vie quotidienne professionnelle. Travaillerai-je un jour plus directement à ses côtés ? Il ne faut jamais dire jamais, mais aujourd'hui je n'en ai pas la volonté. Ma passion reste l'engagement social et humanitaire.Propos recueillis par Pierre Kupferman

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