Les scientifiques du public craignent d'être cannibalisés par les labos privés

La création d'Aviesan (Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé) en avril 2009 est l'un des symboles de la réforme du système français de recherche. Elle vise à fédérer les acteurs de la recherche publique biomédicale (Inserm, CNRS, CEA, Institut Pasteur, universités, CHU régionaux...) par grandes thématiques afin d'offrir « une interface unique aux industriels pour faciliter les échanges et préparer la programmation de l'Agence nationale de la recherche (ANR) », explique André Syrota, PDG de l'Inserm et président de d'Aviesan. Avec une ambition : hisser la France en tête de la compétition mondiale en matière d'innovation biomédicale en valorisant mieux sa recherche.Essais cliniquesMais certains chercheurs publics voient surtout dans d'Aviesan une structure de pilotage. « Les laboratoires privés ont tout intérêt à faire ainsi prendre en charge leur recherche par les organismes publics », critique Jean-Luc Mazet, du SNCS-FSU. Emmanuel Saint-James, le président de Sauvons la recherche, n'hésite pas à parler de « sous-traitance ». Pour preuve, le premier partenariat, signé en février entre Sanofi-Aventis et l'Aviesan, est intervenu alors que le groupe, bénéficiaire de 8,5 milliards d'euros en 2009, a programmé 1.300 suppressions de postes en R&D, dénoncent les syndicats. « En fait, précise Jean Kister, du SNTRS-CGT, il s'agit surtout de faire financer par le public cette fameuse preuve de concept, phase entre la recherche fondamentale et les premiers essais cliniques, très risquée et que personne ne veut prendre en charge. »André Syrota coupe court à ces inquiétudes : « Il n'y a pas de parallélisme entre notre énorme recherche publique en sciences de la vie et de la santé et les partenariats avec les industriels. Nous ne faisons pas les mêmes métiers. » Pour lui, ces coopérations visent avant tout à attirer en France le maximum d'industriels et de chercheurs étrangers. Sanofi-Aventis joue ainsi les mécènes en finançant les jeunes chercheurs lauréats du programme Avenir qui souhaitent créer en France leur labo- ratoire. Clarisse Jay

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